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Iriez-vous dire à un collègue qu'il est sur le point d'être licencié?

Quand il s'agit d'un collègue qui est visé par le licenciement, les Français préfèrent le silence.

Quand il s'agit d'un collègue qui est visé par le licenciement, les Français préfèrent le silence. - RobinHiggins- CC

Près de huit salariés sur dix préfèrent garder le silence et continuer comme si de rien n'était alors qu'ils sont au courant que leur collègue va être remercié, selon un sondage Qapa.

Le licenciement reste encore pour beaucoup de salariés un sujet tabou. Plus précisément, tout dépend de quel côté du couperet on se situe. Quand il s'agit d'un collègue qui est visé par le licenciement, les Français préfèrent le silence. Ils sont 76% à avouer qu'ils préfèrent ne rien lui dire sur le sort qui l'attend et se comportent comme si de rien n'était, selon un sondage du site d'offres d'emploi Qapa. (1) Plus précisément, ce sont les femmes qui sont les enclines à ne pas dire la vérité à leur collègue (87% contre 65% des hommes).

Quand ils sont eux-mêmes poussés vers la porte, les Français jouent franc-jeu vis-à-vis de leurs collègues. Près de 60% d'entre eux clament haut et fort leur mésaventure. Les femmes sont plus nombreuses à s'en ouvrir à leurs collègues : elles sont 65% à le faire contre 52% des hommes. En revanche, les salariés gardent le secret sur les termes de leur licenciement : c'est le cas de 72% des femmes et de 79% des hommes interrogés.

Difficile de garder sa bonne humeur quand on est licencié

Faire l'objet d'un licenciement est rarement bien vécu. Pour autant, les salariés ne s'enferment pas dans une posture destinée à donner l'illusion qu'ils sont insensibles à ce mauvais coup du sort. 87% des sondés avouent qu'ils cachent difficilement leur état si les choses vont mal pour eux. Les femmes sont un peu plus nombreuses à montrer leurs sentiments (89% contre 85% des hommes).

Les Français ont aussi du mal à garder une attitude professionnelle jusqu'au jour de leur départ. Seulement 13% des femmes et 16% des hommes déclarent faire leur travail jusqu'à la fin. 19% des femmes et 22% des hommes avouent lever le pied. Mais la majorité changent leur comportement de manière radicale: 43% deviennent irascibles tout en continuant à travailler (39% des femmes et 47% des hommes). Et pour 22% des salariés, en plus d'afficher leur mauvais caractère, ils ne font plus rien du tout (29% des femmes et 15% des hommes).

Dans ce contexte, il est compréhensible que les salariés n'aiment pas saluer leur départ de l'entreprise en organisant un pot. Seulement 4% des sondés estiment qu'il faut fêter cet évènement.

(1) Sondage effectué entre le 24 et 30 janvier auprès des 4,5 millions d'inscrits de la base Qapa.Profils des personnes interrogées : 50% de femmes et 50% d'hommes. Tranches d'âges : 1% de 18-24 ans, 22% de 25-34 ans, 43% de 35-44 ans, 33% de 45-54 ans et 1% de plus de 55 ans

C.C.