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Baisse des violences morales au travail, qui restent fréquentes

Les violences morales au travail ont diminué mais restent fréquentes.

Les violences morales au travail ont diminué mais restent fréquentes. - Slon_dot_pics - pixabay

Les violences morales dans le milieu professionnel ont baissé de 2013 à 2016, selon la Dares. Mais les "comportements hostiles" restent "fréquents".

Les violences morales au travail ont diminué de 2013 à 2016 en France, période qui a vu les "comportements hostiles" reculer tout en restant "fréquents", selon une enquête de la Dares. En 2016, 30% des salariés déclaraient avoir été victimes d'au moins un comportement hostile au travail, contre 37% en 2013, d'après cette étude du service de statistiques du ministère du Travail. Cette baisse ne concerne pas les intérimaires, ni les salariés à temps partiel subi, qui disent avoir été davantage victimes de comportements hostiles en 2016 qu'en 2013, souligne la Dares.

Les comportements hostiles vont notamment de l'indifférence systématique (on fait toujours "comme si vous n'étiez pas là") à des critiques injustes, humiliations, moqueries, propos obscènes ou dégradants, ou encore des propositions insistantes à caractère sexuel. Ils sont "plus fréquents dans les contextes de changement important de l'environnement du travail", remarque la Dares. Par exemple, en cas de changement technique, d'organisation ou de direction, de rachat d'une entreprise ou de plan social, a indiqué Marilyne Beque, coauteure de l'étude, lors d'une conférence de presse.

Le "ralentissement des changements" constaté depuis 2013 a ainsi "pu contribuer à la diminution des tensions", estime la Dares. Ce recul est peut-être aussi dû à "une plus grande attention" des salariés et de leurs managers à l'égard des conflits entre personnes "dans le cadre d'une sensibilisation médiatique et politique au harcèlement moral et aux risques psychosociaux".

Les femmes "signalent plus souvent que les hommes"

Parmi les salariés ayant connu un changement dans l'organisation de leur travail, 43% "disent avoir été victimes d'au moins un comportement hostile". Ce type d'évolution "multiplie par 1,5 la probabilité de déclarer au moins un comportement hostile par rapport aux salariés n'ayant pas vécu un tel changement", précise la Dares.

Les femmes "signalent plus souvent que les hommes" avoir été la cible d'"au moins un comportement hostile": 31% des femmes et 28% des hommes disent en avoir été victimes en 2016. Les femmes déclarent "notamment plus souvent des comportements méprisants et des atteintes dégradantes" que leurs collègues masculins. L'insécurité socio-économique est un facteur de risque: 44% des salariés qui craignent de perdre leur emploi disent avoir subi "au moins un comportement hostile", contre 30% pour l'ensemble des salariés.

L'étude a été réalisée d'octobre 2015 à juin 2016 sur un échantillon de 20.990 salariés représentatifs de l'ensemble des salariés de tous les secteurs d'activité du privé et du public.

D. L. avec AFP