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Valls rappelle le patronat à l'ordre

Manuel Valls a appelé le patronat à jouer le jeu

Manuel Valls a appelé le patronat à jouer le jeu - BFMTV

Dans son discours au congrès du PS à Poitiers le Premier ministre a haussé le ton sur la question du pacte de responsabilité, assurant que le gouvernement "prendrait ses responsabilités". Il appelle ainsi le patronat à jouer le jeu.

Manuel Valls hausse un peu plus le ton face au patronat. Le débat a été vif ces derniers mois entre l'exécutif et les représentants des chefs d'entreprise au sujet des contreparties du pacte de responsabilité.

Le Premier ministre a davantage accentué la pression ce samedi 6 juin lors de son discours au congrès du PS à Poitiers.

Il s'est félicité que les syndicats "jouent le jeu" et "marquent des points". Mais "du côté du patronat, lorsque j'écoute certains dirigeants du Medef, qu'est-ce que j'entends? Une plainte permanente, un discours anxiogène sur la peur d'embaucher!", a-t-il déploré 

Le gouvernement prendra ses responsabilités

"Des représentants du patronat, pas tous, mais des représentants du patronat nous attendons autre chose: une attitude d'entrepreneur, de se battre sur les marchés (…) et surtout qu'ils tiennent leurs engagements en contrepartie des aides du pacte de responsabilité", a-t-il poursuivi.

"Nous évaluerons avec les partenaires sociaux et les parlementaires la tenue des engagements (du pacte de responsabilité, ndlr).Ce rendez-vous approche: chacun prendra ses responsabilités, et le gouvernement prendra les siennes", a-t-il averti.

En échange des allègements de charges de 10 milliards d'euros contenus dans le pacte de responsabilité entré en vigueur le 1er janvier dernier, les entreprises doivent prendre des engagements en termes d'emploi, de formation et d'investissement.

Ces contreparties sont négociées par les partenaires sociaux aux niveaux des branches. Et jusqu'à présent, le nombre de branches signataires d'accords a été jugé comme étant trop faible par l'exécutif.

Le compte y est-il?

En avril dernier le Medef et le gouvernement se sont écharpés quant à savoir si les engagements étaient tenus. Manuel Valls affirmait alors déjà que "sur le terrain du pacte de responsabilité, le compte n'y est pas, l'effort est insuffisant dans trop de branches professionnelles". Pierre Gattaz, le président du Medef, avait alors répliqué quelques jours plus tard en affirmant au contraire que "le compte y est". Il estimait alors que les embauches allaient "venir progressivement". 

Outre les débats autour du pacte de responsabilité, Manuel Valls est revenu sur le prélèvement à la source, promettant "de réussir" cette mesure qui sera "une première étape d'une modernisation de notre imposition". Sur ce sujet il a assuré que les gouvernement "serait attentif, à l'écoute de ce qui se dit dans le parti, aux attentes exprimées par les socialistes".

J.M.