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Un rapport favorable aux 35 heures enterré à dessein?

Pierre Boissier, le patron de l'Igas, aurait volontairement bloqué le rapport polémique.

Pierre Boissier, le patron de l'Igas, aurait volontairement bloqué le rapport polémique. - Jacques Demarthon - AFP

Une étude menée par deux inspecteurs généraux des affaires sociales tendait à admettre les effets bénéfiques sur l'emploi de la réduction du temps de travail. Sa diffusion aurait été stoppée pour éviter de nourrir une nouvelle polémique.

Alors que la loi Travail devrait être définitivement adoptée mercredi par l’Assemblée nationale, voilà qui devrait donner du grain à moudre à ses (nombreux) opposants.

Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), portant sur les "politiques d’aménagement et de réduction du temps de travail dans la lutte contre le chômage", aurait en effet été discrètement enterré, rapporte Le Monde.

Le quotidien indique en effet que Pierre Boissier, le chef de l’Igas, a bloqué la diffusion de l’étude, qui dresse un bilan bien moins sévère qu’à l’accoutumée des 35 heures. Le dispositif controversé aurait même, sous certaines conditions, des effets bénéfiques sur l’emploi. Est-ce pour ne pas déclencher un nouveau débat idéologique au sein de la classe politique que le rapport n’est jamais sorti des cartons de l’Igas? Plusieurs membres de l’institution en sont convaincus, indique Le Monde

Pas de perte de compétitivité à cause des 35 heures?

Il faut dire que certaines idées préétablies s’y trouvent bousculées. La perte de compétitivité de l’économie française à cause des 35 heures, notamment, est largement remise en cause.

Selon le rapport, la France est ainsi "l’un des pays qui a le mieux maîtrisé l’évolution de ses coûts" salariaux. Et si des pertes de marché sont à déplorer, "elles n’ont rien d’exceptionnel par rapport aux autres pays européens", exceptée l’Allemagne.

Les auteurs rappellent en outre que le dispositif a permis de créer 350.000 postes "sur la période 1998-2002". Et font remarquer que la plupart de nos voisins (Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Pays-Bas) ont également réduit, globalement, le temps de travail.

Les deux inspecteurs ayant réalisé ces travaux notent tout de même que ce type de manœuvre sont "loin de fournir" à elles seules des solutions durables au chômage. Le gouvernement, de son côté, n’a jamais reçu ce rapport, indique Le Monde. Reste à savoir exactement pourquoi.

Y.D.