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Thierry Le Paon (CGT): "le gouvernement est très sensible à ce que pense le Medef"

Thierry Le Paon, nouveau leader de la CGT

Thierry Le Paon, nouveau leader de la CGT - -

Invité de BFMTV et RMC, jeudi 25 avril, le secrétaire général de la CGT a dénoncé la proximité du gouvernement avec les thèses du Medef. Sa centrale va d'ailleurs adresser demain une lettre ouverte à François Hollande pour lui rappeler ses engagements.

Invité mercredi soir du Grand Journal de BFMBusiness, Laurent Berger, le leader de la CFDT, a craint la montée des populismes, en pointant du doigt le comportement de certains responsables syndicaux et politiques comme Jean-Luc Mélenchon. Une réponse également à ceux qui accusent la CFDT d'avoir signé l'accord sur l'emploi, comme le fait la CGT.

Le patron de la CGT était justement, ce jeudi 25 avril, interrogé sur BFMTV et RMC. Thierry Le Paon en a profité pour répondre: "une partie des syndicats pense que la priorité, c'est abaisser le coût du travail. Nous non".

Concernant le chômage, le successeur de Bernard Thibault a rappelé que l'accord interprofessionnel en cours de vote "ne contient rien sur l'emploi". Selon lui, "il y a un manque de choix politiques pour réduire le chômage".

Demain, il va d'ailleurs adresser au nom de la CGT une "lettre ouverte" à François Hollande pour lui rappeler ses engagements de campagne en matière sociale. "On va lui rappeler que s'il a été élu, c'est parce que les salariés ont voulu tourner la page pour avoir une politique plus sociale". Or, le patron de la CGT déplore que "le gouvernement soit aujourd'hui très sensible aux thèses du Medef".

Procès contre Mittal

Concernant PSA, Thierry Le Paon a estimé que le rôle des actionnaires, "c'est aussi d'investir et pas seulement d'engranger les bénéfices". Référence à la distribution décidée, hier mercredi, par l'assemblée générale du groupe automobile.

Sur Mittal, il a confié que la CGT "étudiait toutes les possibilités, y compris celle d'attaquer le groupe en jsutice" à propos de la fermeture de Florange.

Favorable à l'amnistie sociale

A propos de l'amnistie sociale, il a rappelé qu'il fallait la voter. "Elle aurait dû couvrir les cinq années du quinquennat Sarkozy. La violence était du côté du pouvoir, pas des syndicalistes". "Ce qui m'étonne, c'est que le gouvernement dise aujourd'hui qu'il n'y aura pas d'amnistie".

"Je remarque qu'on parle toujours de la violence quand elle est syndicale, mais jamais quand il s'agit d'autres catégories". A ce propos, il a évoqué les violences lors des manifestations "anti-mariage pour tous" en demandant si les personnes concernées seront poursuivies comme l'ont été des syndicalistes ouvriers dans d'autres affaires.

P.C.