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La CGT change de patron mais pas forcement de stratégie

Thierry Lepaon va succéder à Bernard Thibault à la tête de la CGT.

Thierry Lepaon va succéder à Bernard Thibault à la tête de la CGT. - -

Le 50ème congrès de la CGT s'ouvre ce lundi 18 mars à Toulouse. Il se conclura vendredi 22 après la désignation officielle de Thierry Lepaon pour remplacer Bernard Thibault à sa tête. La ligne du premier syndicat français va-t-elle évoluer ?

Adieu Bernard Thibault qui a dirigé la CGT depuis 14 ans. Bonjour Thierry Le Paon, qui sera officiellement intronisé secrétaire général de la confédération jeudi 21 mars, au terme de son 50ème congrès qui commence ce lundi 18 mars à Toulouse. Après le cheminot Bernard Thibault, la CGT sera dirigée par un ancien soudeur de 53 ans. Il a été le responsable cégétiste de Moulinex avant de devenir l’un des permanents du syndicat en présidant le groupe CGT au Conseil économique, social et environnemental (CESE).

En théorie, il n’aurait jamais dû accéder à la tête de la confédération. Bernard Thibault souhaitait, en effet, propulser Nadine Prigent, responsable de la fédération santé de la CGT, à ce poste. La bronca de beaucoup de fédérations cégétistes a contraint Thibault à abandonner Nadine Prigent pour se rabattre sur la candidature de dernière heure de Thierry Lepaon.

Raide mais pragmatique

Avec Bernard Thibault, la CGT a incontestablement opéré un recentrage réformiste, nouant même des "deals" avec Nicolas Sarkozy de 2007 et 2011.

Depuis quelques mois, ce réformisme a, semble-t-il, fait place à une certaine radicalisation. La confédération est de plus en plus critique à l’égard de la politique suivie par le gouvernement Ayrault. Surtout, elle s’est posée comme la principale opposante à l’accord sur la sécurisation de l’emploi du 11 janvier, signé en particulier par la CFDT.

Même pour les experts des relations sociales, difficile de savoir à quoi s'en tenir. Dans son passé, Thierry Lepaon donnait plutôt dans la confrontation. Dans les années 2000, chez Moulinex, il avait mené la fronde contre le plan de restructuration. Mais aujourd'hui, il joue plutôt l'apaisement. Ces récentes déclarations en témoignent : la CGT n'est pas oppposé au changement, le compromis n'est pas un gros mot, concède-t-il.

Ceux qui le connaissent le décrive comme raide mais aussi pragmatique. Un pragmatisme qui devrait, selon un expert des relations sociales, le pousser plutôt vers la négociation. Car il sait à quel point la confrontation permanante pourrait jouer contre lui. Seul le compromis pourra lui permettre de conserver sa place de leader sur l'échiquier syndical français.

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