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Taxis, fonctionnaires: le bilan d’une journée de contestation

Fonction publique, contrôleurs aériens, taxis…les grèves et manifestations ont touché l’ensemble du pays ce mardi. Manuel Valls, de son côté, a tenté de calmer la grogne générale. Résumé.

Des dizaines de milliers de manifestants partout en France, entre 20 et 50% de professeurs grévistes dans les collèges, entre 12 et 33% dans les écoles primaires, et au moins 5% dans les hôpitaux. L’appel à la grève en faveur du pouvoir d’achat a visiblement été entendu dans la fonction publique, aboutissant à la "plus forte mobilisation" depuis l’élection de François Hollande, selon la CGT. Le tout alors que qu’un vol sur cinq était annulé en moyenne dans les aéroports, à la suite d’un mouvement des contrôleurs aériens.

Dans le même temps les chauffeurs de taxis ont eux aussi manifesté dans toute la France contre la concurrence des VTC, avec quelques incidents à signaler par endroits. Et si Manuel Valls a condamné des violences « inadmissibles », le Premier ministre a cependant annoncé des mesures en vue de "rééquilibrer" le secteur. Un renforcement des contrôles et la nomination d’un médiateur ont ainsi été actés.

Insuffisant, malgré tout, pour entraîner la totalité des blocages, dont certains se poursuivent ce mardi soir.

Revivez cette journée de mobilisation quasi générale minute par minute.

19h50 - Forte mobilisation dans les collèges

En fin de journée, le ministère de la Fonction publique donnait 10,32% de grévistes dans la fonction publique de l'État, 5,78% dans la fonction publique hospitalière et 4,60% dans la fonction publique territoriale.

Côté éducation nationale, 22,3% des professeurs étaient en grève dans les collèges, selon le ministère (50% selon le premier syndicat), et 12,24% dans le primaire (33% de source syndicale).

18h25 - Des taxis bloquent encore la Porte Maillot à Paris

"Insatisfaits" des mesures annoncées par Manuel Valls, plusieurs dizaines de chauffeurs de taxis continuent à bloquer la Porte Maillot, ont constaté des équipes de BFMTV. Le préfet de police de Paris appelle à la dispersion des derniers manifestants. 

17h45 - La CGT annonce "la plus forte mobilisation" des fonctionnaires depuis 2012.

Alors que le cortège parisien des fonctionnaires vient de se disperser dans le calme, la CGT estime entre "130 et 150.000" le nombre de manifestants au plan national. Selon la centrale syndicale il s'agit de la "plus forte mobilisation" depuis l'élection de François Hollande en 2012.

16h00 - À Paris, 22 manifestants interpellés 

En lien avec les incidents qui se sont produits ce matin en Île-de-France, la préfecture de police annonce l'interpellation de 22 manifestants à Orly et à Paris pour "violences volontaires, port d'arme et incendie volontaire". 14 personnes ont été placées en garde à vue. 

14h55 - Valls annonce des mesures en faveur des taxis

À la sortie d'une réunion à Matignon, les syndicats présents ont fait savoir que plusieurs mesures avaient été annoncées par le Premier ministre. Parmi elles, une intensification des contrôles "afin de faire cesser tout comportement abusif et garantir les conditions d'une concurrence loyale", mais aussi la nomination d'un médiateur "dans les 48 heures" pour tenter de rééquilibrer le secteur. Manuel Valls a, quelques minutes plus tard, confirmé ces informations par un communiqué.

14h08 - À Nice, l’argent des courses de la journée financera une action contre l'État

Les taxis de Nice se sont joints au mouvement de grève en proposant à leurs clients des courses à prix attractifs. Le prix des courses est remis non pas au chauffeur mais à des régulateurs. Cette cagnotte servira, selon Patrice Trapani, le président du syndicat des taxis de Nice et 1er vice-président de la Fédération française des taxis de province, à "embaucher un avocat de renom" pour attaquer l’État sur la non-application de la loi Thévenoud.

13h52 – Thomas Thévenoud : "Sur le dossier taxi, le gouvernement manque de volonté"

Invité ce mardi matin de BFMTV, Thomas Thévenoud, auteur de la loi, constate "un manque de volonté du gouvernement sur le dossier des taxis."

À la sortie d’une réunion à huis clos entre le Premier ministre et les députés socialistes, Annick Lepetit, porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale et membre du Conseil de Paris, a déclaré qu’une loi de "compromis sur les droits et les devoirs de taxis et VTC" avait été trouvée. Elle appelle les autorités à faire respecter ce texte qui, selon elle, ne l’est pas.

13h40 - 1.500 taxis en Île-de-France

Selon la préfecture de police, 1.500 taxis ont été comptabilisés sur les différents sites d'Île-de-France, soit le même chiffre avancé par l'UNT (Union nationale des taxis). 

13h00 - "Aucune annulation à chaud" de vols au départ de Paris

Si la grève affecte comme prévu le trafic avec un vol annulé sur cinq, "aucune annulation à chaud" n'est pour l'instant à déplorer, a fait savoir Aéroports de Paris. Pour rappel, easyJet a annulé 35 vols essentiellement nationaux, mais aussi à destination ou en provenance de la Suisse, de l'Italie et de l'Espagne. Tandis que "plus de 200 vols" ont été déprogrammés par Ryanair. Air France, pour sa part, avait indiqué être en mesure d'"acheminer l'intégralité de ses clients sur le réseau long-courrier" et "d'assurer plus de 80% de ses vols court et moyen-courriers" en France et en Europe.

12h41 - La grève suivie par 12,24% des professeurs des écoles et 22,32% des professeurs de collège

Quelque 11% des enseignants tous niveaux confondus ont observé mardi l'appel à la grève de plusieurs syndicats, selon le ministère de l'Éducation, avec une mobilisation plus forte au collège qu'au primaire ou au lycée. La rue de Grenelle a recensé 36.040 professeurs des écoles en grève, soit 12,24%, et 41.069 professeurs de collège, soit 22,32%, indique-t-elle dans un communiqué.

Pour le second degré dans son ensemble (collèges et lycées), le taux de grévistes est de 13,66%. Enfin, dans le personnel non enseignant, le taux est de 3,66%.

12h32 - Valls : "Respecter le droit de manifester, même en état d'urgence"

Le Premier ministre considère que les violences sont inadmissibles et que "rien ne peut les justifier". Néanmoins il "faut respecter le droit à manifester, même dans cette période d'état d'urgence" a-t-il déclaré en sortant de la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée.

Manuel Valls a salué le travail des forces de l'ordre, évoquant "de nombreuses interpellations, qui donneront lieu, je n'en doute pas à des suites judiciaires". "Le dialogue nécessite la condamnation de la part de tous les acteurs de toute cette violence", a-t-il ajouté.

12h17 - Manuel Valls condamne les violences "inadmissibles"

Le Premier Ministre reçoit les représentants des taxis. Il considère que les violences sont "inadmissibles".

12h00 - Le point sur le mouvement des taxis

Dans quelques minutes, une délégation de taxis arrivera à Matignon pour rencontrer Manuel Valls, mais aussi les ministres de l'Intérieur et des Transports, qui sont l'un et l'autre concernés par le confit.

Les chauffeurs de taxis manifestent contre "la prolifération des transporteurs illégaux", selon un communiqué de l'UNT (Union nationale des taxis). Le mouvement est suivi à Paris par environ 1.500 professionnels. Selon les organisations syndicales, ils seraient 150 à Bordeaux, plus de 700 à Marseille, et plus de 300 à Toulouse.

En Normandie, les professionnels mènent une action pacifique, estimant que les violences portent atteinte à l'image de leur profession. A Strasbourg, l’Union régionale des syndicats d’artisans taxis du Bas-Rhin (URSAT 67) a décidé de mener une action sans pénaliser la population. Pendant toute cette journée de contestation, les courses seront gratuites.

10h53 - Pierre Laurent (PCF): "Les taxis ont raison"

Interrogé sur LCI, le secrétaire général du PCF estime que "les taxis, qui sont en grève aujourd’hui, ont raison de défendre le principe d’une profession réglementée et non pas d’une profession qui soit livrée à la jungle de "l’ubérisation" telle qu’on essaie de l’imposer". Pour Pierre Laurent, "on n’est pas obligé d’utiliser les nouvelles technologies de la révolution numérique pour mettre à bas les droits sociaux. On peut en inventer de nouveaux".

10h44 - Les taxis reçus à Matignon à midi

Le Premier ministre Manuel Valls, accompagné de Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, et son homologue aux Transports Alain Vidalies, recevront les représentants des chauffeurs de taxis à 12h15 à Matignon. 

10h30 - 129 kilomètres de bouchons en Ile-de-France

Les différentes manifestations provoquent, en milieu de matinée en région parisienne, près de 130 kilomètres de bouchons cumulés. Les abords de Roissy et Orly sont tout particulièrement perturbés. 

10h25 - Wauquiez évoque la "colère d'une France qui travaille"

"C'est pas une colère sociale, c'est une colère de la France qui travaille", a déclaré Laurent Wauquiez, secrétaire général du parti Les Républicains sur RMC et BFMTV. "C'est ça que le gouvernement a totalement sous-estimé depuis 4 ans. Ils ont assommé toute cette France-là de charges, de contrôles, d'impôts, et aujourd'hui ce qui explose, c'est le ras-le-bol de cette France qui travaille".

Il a appelé à "revenir à des principes de bon sens": "baisser la dépense publique pour éviter d'avoir la spirale en France 'augmentation de la dépense publique, augmentation des impôts, désespérance de la France qui travaille'". "Quand on en est réduit à ça, je comprends que les gens expriment leur violence", a-t-il ajouté, reconnaissant que "pour ceux qui sont aujourd'hui sur la route, ceux qui sont sur le périphérique, c'est inacceptable, c'est exaspérant". "Mais je crois qu'il faut que l'on comprenne que c'est pas juste la colère des taxis, c'est pas juste la colère des agriculteurs, c'est à un moment cette France qui bosse, elle n'en peut plus".

9h36 - Vingt personnes interpellées à Paris

19 personnes ont été interpellées à Porte Maillot ce matin, après plusieurs blocages du périphérique, tandis qu'un chauffeur de navette, qui a forcé un barrage et renversé et blessé à la jambe un manifestant peu après 7h00, était entendu dans les locaux de la police à l'aéroport d'Orly. Les arrestations ont pour motif violences, incendies et port d'armes.

Lundi, le préfet de police de Paris Michel Cadot avait lancé "un appel assez ferme" aux taxis "à ne faire en aucun cas" preuve de "violence". De précédents rassemblements de taxis avaient déjà été émaillés de violences.

9h29 - Un tiers des enseignants du primaire en grève

Un tiers des enseignants du primaire selon leur principal syndicat, pas plus de 13% selon le ministère, sont en grève pour réclamer des hausses de salaire, tandis que les profs du second degré protestent contre la réforme du collège.

A Paris, les professeurs du collège contre la réforme se rassembleront à 13h30 à Port-Royal, avant de rejoindre le cortège des autres fonctionnaires en grève qui partiront de Montparnasse à 14h00. Les agents publics sont appelés à cesser le travail par trois syndicats. Professeurs des écoles et enseignants au collège défileront donc côte à côte en province et dans la capitale, mais avec deux mots d'ordre distincts. Il sera difficile de savoir qui défile sous quel mot d'ordre, parmi les fonctionnaires de l'Education.

9h22 - Un vol sur cinq annulé au départ de Paris 

La grève des contrôleurs aériens affectait comme prévu le trafic mardi avec un vol annulé sur cinq mais "aucune annulation à chaud" n'était à déplorer, selon un porte-parole d'Aéroports de Paris.

A Roissy et Orly, "nous n'avons constaté aucune annulation à chaud. Par ailleurs, tous les passagers dont les vols ont été annulés ont été prévenus par leur compagnie, ce qui leur a évité de se déplacer pour rien", a poursuivi ce porte-parole, ajoutant que "la configuration devrait rester la même pour le reste de la journée". Air France avait indiqué être en mesure d'"acheminer l'intégralité de ses clients sur le réseau long-courrier" et "d'assurer plus de 80% de ses vols court et moyen-courriers" en France et en Europe. De son côté, easyJet a annulé 35 vols essentiellement nationaux mais aussi à destination ou en provenance de la Suisse, de l'Italie et de l'Espagne.

8h55 - Jean-François Copé prend le parti des VTC

L'ex-président de l'UMP (Les Républicains), a pris la défense des véhicules de transport avec chauffeur (VTC), soulignant que "derrière, c'est de l'emploi", et a appelé le gouvernement à alléger "un certain nombre de contraintes qui pèsent sur les taxis". "Il faut acter que nous sommes entrés dans un nouveau siècle", a t-il fait valoir sur France Info. "Uber aujourd'hui c'est une manière d'offrir un nouveau service".

Pour le député-maire de Meaux, interdire UberPOP, service du géant américain des VTC Uber dont les chauffeurs étaient des particuliers, "ça n'est pas vivre dans son siècle". "Quand on interdit UberPOP, on oublie bien souvent que ce sont les jeunes, ou moins jeunes, qui habitent dans les quartiers qui travaillent chez Uber. Eh bien ça, ça se regarde quand même, parce que derrière c'est de l'emploi, c'est du pouvoir d'achat, c'est de l'activité".

8h53 - Le président de G7 s'insurge sur RMC

Le PDG des Taxis G7, qui gère très majoritairement les chauffeurs parisiens (8.000 chauffeurs affiliés à Paris, 4.000 en province) l'assure sur RMC: il ne s'agit pas de déclarer la guerre aux VTC ni souhaiter leur mort. "Les taxis demandent très majoritairement le simple respect de la loi, assure Serge Metz. C'est la première fois qu'une profession ne demande pas de mesures extravagantes, mais juste que la loi du 1er octobre 2014 (qui encadre l'activité des VTC) soit respectée".

Pourtant, dans leurs propos, les taxis interrogés par RMC s'en prennent clairement aux VTC. "L'important c'est de savoir que les grandes plateformes internationales font travailler pour 70% des chauffeurs de taxis qui ne sont ni des VTC, ni des chauffeurs légaux. Donc le problème n'est pas les 30% de VTC légaux, mais ces transporteurs clandestins". Selon les décomptes de G7, il y a 20.000 taxis à Paris ainsi que 5.000 VTC en règle. Mais à côté, il y a 15.000 "conducteurs" doit la moitié sont illégaux.

8h50 - Suivez l'évolution du trafic en direct

BFMTV et Coyote vous renseignent en direct sur l'évolution de la circulation. Quelques ralentissements étaient à prévoir dès 5 heures. Autant que faire se peut, il est conseillé de ne pas prendre sa voiture, surtout si vous souhaitez vous rendre à l'aéroport. Sinon, mieux vaut contourner l'ouest et l'est parisien. 

8h41 - Des pneus brûlent Porte Maillot

Porte Maillot, 300 taxis étaient stationnés, selon la préfecture. Ils occupaient la moitié du site, sans bloquer l'accès à la capitale, a-t-on constaté. La manifestation donnait lieu à un concert de klaxons, quelques pneus brûlés et plusieurs dizaines de chauffeurs européens étaient aussi présents avec leurs drapeaux, venus notamment d'Espagne, Italie, Belgique.

8h33 - Les fonctionnaires ne seront pas beaucoup augmentés

La ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu a répété que les fonctionnaires ne devaient pas s'attendre à une "grosse augmentation du point d'indice" lors de la négociation salariale prévue en février, tout en assurant "entendre" leurs revendications. Elle a expliqué sur France 2 que la "marge de manoeuvre sera très faible". Mais "je souhaiterais une augmentation symbolique", a-t-elle ajouté. Le point d'indice, qui sert de base au calcul du salaire des fonctionnaires, est gelé depuis 2010. 

7h49 - De premiers incidents en Ile-de-France

Selon la préfecture de police, 1.200 taxis ont été comptabilisés sur différents sites de protestation, notamment à Orly où quelques dizaines de manifestants ont organisé un filtrage sur l'A106 en installant des plots sur la chaussée, ne laissant passer que les taxis en grève, dans une ambiance échauffée. Mais peu après 7 heures, une navette a forcé le passage, percutant un manifestant et l'a blessé à une jambe.

7h35 - Tout le périphérique extérieur nord est bloqué 

Au total, une centaine de taxis étaient rassemblés sur les deux aéroports de Roissy et sur les terminaux d'Orly. Selon la préfecture de police, tout le périphérique extérieur Nord est bloqué, de Pantin à Saint-Ouen. Porte Maillot, 300 taxis étaient stationnés, selon la préfecture. Ils occupaient la moitié du site, sans bloquer l'accès à la capitale, a-t-on constaté. L'accès à l'A1 est fermé.

N.G. avec AFP