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Suppression d'un jour férié ou d'une semaine de vacances... Le remède choc de l'Institut Montaigne

Dans une note, l'institut Montaigne plaide pour une série de mesures visant à augmenter le temps de travail, comme le passage de l'ascension en jour ouvré, la réduction des vacances de la Toussaint ou moins de RTT dans la fonction publique. Des idées rejetées par le gouvernement, qui préfère s'en tenir aux textes actuels.

Va-t-on vers un nouveau serrage de vis du code de travail? C'est, en tout cas, ce que préconise l'Institut Montaigne. Ce think tank libéral liste ce mercredi une série de mesures sur le temps de travail qui permettrait de favoriser, selon lui, la relance économique dans les mois à venir.

"Il faut être extraordinairement pragmatique" explique Laurent Bigorgne, directeur de l'Institut Montaigne sur BFMTV, soulignant que les mesures sanitaires en entreprise feront mécaniquement perdre en productivité. "La seule façon, si on veut sauver les entreprises et les emplois de façon très massive, de compenser cette perte de productivité, c'est (…) de permettre de travailler plus."

Cette "nécessaire augmentation de la durée moyenne du travail" crée évidemment la polémique, même si l'institut Montaigne plaide pour le dialogue social. Le think tank liste neuf propositions. Il suggère par exemple de déroger au droit à la déconnexion qui prévoit un temps de repos minimum quotidien de 11 heures. Ou encore la suppression de la première semaine des vacances de la Toussaint en 2020. "Ça ne me parait pas inhumain, eu égard des très mauvaises nouvelles qu'on a eu sur le front de l'emploi" commente Laurent Bigorgne qui rappelle qu'avant 2012, ces vacances se résumaient à une seule semaine. 

Egalement en ligne de mire, le jeudi de l'Ascension qu'il conviendrait de transformer en jour ouvré.

Temps de travail des fonctionnaires

Le service public serait aussi mis à contribution. "Il paraîtrait particulièrement inéquitable que les salariés du secteur privé soient les seuls à accroître leur effort de travail, surtout dans un contexte où ils seront durement menacés par un chômage élevé" souligne dans Les Echos Bertrand Martinot, l'auteur de la note.

En l'occurrence, il propose de diminuer le nombre de RTT dans la fonction publique, à titre provisoire mais aussi d'augmenter temporairement le temps de travail des fonctionnaires contre une rémunération supplémentaire.

"Beaucoup de possibilités dans la loi"

Alors vers un nouveau big bang du code du travail? Le gouvernement n'en veut pas. "Il y a déjà beaucoup de possibilités dans la loi par la négociation" a expliqué la ministre du Travail Muriel Pénicaud sur Europe 1, ce mercredi. "Les entreprises qui ont un bon dialogue social, elles aménagent déjà le temps de travail."

D'autant plus que le code du travail a déjà été assoupli le mois dernier pour augmenter, par exemple, la durée quotidienne maximale de travail de jour (de dix à douze heures) pour certains secteurs

Thomas Leroy