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Sapin: pas de "coup de pouce" au smic  au 1er janvier

Michel Sapin veut que les entreprises maitrisent leurs coûts.

Michel Sapin veut que les entreprises maitrisent leurs coûts. - Mandel Ngan - AFP

Au 1er janvier, le smic augmentera selon son mécanisme d'indexation. Il n'aura pas droit à plus.

Le gouvernement persiste et signe: il n'y aura pas de "coup de pouce" au smic au 1er janvier. Le ministre des Finances, Michel Sapin, l'a réaffirmé ce 4 décembre sur i>Télé.

Il a précisé que la prochaine hausse du smic se ferait uniquement en fonction de son mécanisme d'indexation. "On ne va pas aujourd'hui se battre pour faire en sorte que les entreprises puissent maîtriser leurs coûts et d'un autre côté l'augmenter de manière indifférenciée pour l'ensemble des entreprises", a indiqué Michel Sapin.

Le mois dernier, le ministre du Travail François Rebsamen avait déjà affirmé qu"'un coup de pouce" au Smic n'est "pas toujours la bonne solution" et il a exclu par ailleurs un "Smic dérogatoire" ou "un sous-Smic", une piste avancée par le patronat. "Dans le Smic, il y a un engagement national: quand la croissance revient, le Smic doit augmenter. Quand elle n'est pas là, le coup de pouce n'est pas toujours une bonne solution".

Selon lui, "l'objectif prioritaire, c'est l'emploi et l'investissement" et "les salaires découleront du redémarrage des deux premiers". Il avait rappelé que "le Smic progresse chaque année. Mais nous avons un défi majeur pour redresser notre pays, dont la compétitivité a été abîmée".

Une hausse coûte cher au budget de l'Etat

Le président du Medef Pierre Gattaz avait suggéré une rémunération plus faible que le Smic mais complétée par une aide temporaire de l'Etat pour réintégrer dans les entreprises les populations très éloignées de l'emploi, comme les chômeurs de longue durée.

Il y a quelques années, le Smic s'établissait en France "au niveau de 60% du revenu médian", cela a tendance à diminuer, a affirmé jean-Claude Mailly, responsable de FO rappelant que son organisation demande que le "Smic atteigne 80% du salaire médian" (la moitié des salariés gagnant plus, la moitié gagnant moins).

Jean-Claude Mailly a concédé qu'une "augmentation du Smic coûte cher au budget de l'Etat, compte tenu des exonérations qui [lui] sont attachées", soit "20 milliards d'euros par an". Après son élection, François Hollande avait donné un coup de pouce au Smic, revalorisé de 2% en juin 2012. Mais depuis le salaire minimum a évolué en fonction des seuls mécanismes légaux (dont l'évolution des prix et des salaires). La prochaine évolution du Smic doit intervenir le 1er janvier 2015.

D. L. avec agences