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Quels sont les vrais enjeux de la grève à la SNCF

Les 150.000 cheminots doivent changer de convention collective

Les 150.000 cheminots doivent changer de convention collective - Bertrand Langlois-AFP

"Pour la 1ère fois depuis 2013, l’ensemble des syndicats de la SNCF appellent à la grève pour les salaires et surtout contester la réforme de leur convention collective. Mais les vrais enjeux de cette grève ne sont pas forcement ceux que l'on croit. "

On se focalise ce mercredi sur la première manifestation anti-loi El Khomri. Mais on oublie un peu l’autre conflit social de la journée, sauf évidemment ceux qui ont galéré ce matin pour se rendre à leur travail et pour qui ce sera le cas encore ce soir: la grève à la SNCF et aussi à la RATP en Ile-de-France.

Officiellement, il s’agit de réclamer classiquement de meilleurs salaires mais surtout de peser sur les négociations concernant la nouvelle convention collective du ferroviaire qui concernera aussi bien les 150.000 cheminots de la SNCF que ceux des entreprises de fret privées. Tout doit être bouclé le 1er juillet.

Toujours les 35 heures

Et parmi les sujets sur la table, il y a la question explosive des 35 heures dans le secteur public. Guillaume Pépy, le patron de la SNCF a annoncé en janvier qu’il voulait "revoir la façon de faire les 35 heures en remettant à plat l’organisation du travail" pour améliorer la productivité. 

Autant dire que si la grève d’aujourd’hui est un succès, Pépy va devoir ferrailler dur sur les 35 heures.

Or, ce qui va se passer à la SNCF dans les semaines à venir sur le temps de travail va être suivi par tous les autres patrons de groupes publics qui sont concernés, eux aussi, par l’avenir des 35 heures. 

Régimes spéciaux

Le degré de mobilisation dans les transports va aussi être suivi de près par les candidats Républicains à la primaire de novembre. Pour une raison simple: tous proposent une véritable remise à plat des régimes spéciaux de retraite. Et le principal concerné, c’est celui de la SNCF.

Donc si la mobilisation est forte chez les cheminots sur les 35 heures, cela pourra indiquer que ces derniers seraient prêts à se mobiliser à nouveau en 2017. Or, la grande grève de décembre 1995 avait pour cause la réforme des retraites proposées par Alain Juppé.

Martinez en embuscade

Enfin, il y a un enjeu plus spécifiquement syndical, qui concerne la CGT et son actuel patron, le peu médiatique Philippe Martinez. On est à un mois du congrès de la CGT à Marseille, et Philippe Martinez a absolument besoin de montrer que sa confédération -qui reste la première à la SNCF comme à la RATP- peut mobiliser les cheminots.

Il en a besoin car c’est son premier congrès, puisqu'il a été désigné et non élu pour succéder à Thierry Lepaon. Si la grève a été suivie ce soir, ce sera un bon point pour lui vis-à-vis des militants qui votent en avril. 

P.C