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Quand les patrons maîtrisent les codes de la manifestation

A l'appel de la CGPME, et de son leader Jean-François Roubaud, les petits patrons ont manifesté dans la rue ce 1er décembre.

A l'appel de la CGPME, et de son leader Jean-François Roubaud, les petits patrons ont manifesté dans la rue ce 1er décembre. - MARTIN BUREAU - AFP

Ce lundi avait lieu une manifestation des petits patrons à Paris, au premier jour d'une semaine de mobilisation patronale. Un exercice inédit pour eux, mais dont ils n'ont pas tardé à s'approprier les codes.

Manifester n'est plus l'apanage du salarié ou du fonctionnaire en colère. A Paris et à Toulouse, des patrons excédés sont descendus dans la rue, ce 1er décembre, à l'appel de la confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

En ce premier jour d'une semaine de mobilisation des dirigeants d'entreprises qui dénoncent des charges et contraintes jugées excessives, le Medef et l'Union professionnelle des artisans préfèrent organiser des tables rondes, ou publier des lettres ouvertes.

La CGPME, elle, s'approprie un mode d'expression d'ordinaire réservé aux syndicats: la manifestation. Du jamais-vu de la part de cette confédération depuis l'introduction des 35 heures au début des années 2000. Mais aussi peu habituée soit-elle à ce genre d'évènements, elle en maîtrise visiblement les codes. Tous les ingrédients d'une bonne manif étaient là, sauf peut-être les merguez!

> Des accessoires voyants et bruyants

Gilets jaunes, casques, sifflets, autocollants au logo "CadenASSEZ"… Chaque participant arborait fièrement la tenue du manifestant qui se respecte. Et le détail crédibilité: quelques drapeaux bretons ont été repérés dans le cortège. Légère carence toutefois: aucun stand de merguez, ni aucune bière en cannette n'avait été prévue. 

> Un happening télégénique

Une bonne manifestation se doit de passer à la télévision. Les patrons des petites et moyennes entreprises, sous l'égide de la CGPME, sont donc venus accrocher des cadenas sur les grilles de Bercy pour demander au gouvernement de libérer leurs entreprises de l'accumulation de contraintes administratives et fiscales. De quoi offrir une belle image aux médias.

> Un cortège bien rangé derrière sa banderole

Quelques milliers de patrons (lire plus bas pour le décompte précis), suit tranquillement une petite camionnette équipée de baffles. Le cortège est en ordre, les banderolles tendues en l'air. Pour se réchauffer sous ce froid polaire, une sono diffuse de la pop-rock moderne. A l'arrière, un porte-voix qui harangue la foule. Si on ne prête pas attention aux slogans, on pourrait se croire dans une manif contre le CPE. 

> Des slogans à marteler

Le slogan officiel de la CGPME, qui orne tous les goodies distribués aux adhérents, c'est "PME/TPE CadenASSEZ! Libérez nos entreprises!". Mais comme ce n'est pas très facile à mettre en musique, les petits patrons n'en ont gardé qu'un bout à scander: "LIBEREZ - NOS - ENTREPRISES".

Au milieu du cortège, d'autres banderoles, barrées de phrases lapidaires: "impôts taxes charges, trop c'est trop", ou encore "Ras-le-bol de l'administration, l'emploi passe par nos entreprises".

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- © CGPME

> Des affiches rigolotes

Des formules qui claquent c'est bien, des formules drôles, c'est mieux. Les petits patrons l'ont bien compris, et s'en sont donnés à cœur joie.

> Une différence de décompte entre organisateurs et Police

Ils étaient 6.000 dans les rues de Paris lundi selon les organisateurs, et seulement 2.000 selon la Police. La CGPME est encore loin des décomptes exponentiels de certaines associations, mais la volonté de bien faire est là. Petit bémol à Toulouse toutefois, les patrons et la préfecture sont tombés d'accords sur 2.000 manifestants. 

Nina Godart