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Pourquoi les routiers sont-ils en grève?

Les routiers ont prévus de bloquer des routes ce lundi, et entendent continuer leur mouvement au moins jusqu'à mardi.

Les routiers ont prévus de bloquer des routes ce lundi, et entendent continuer leur mouvement au moins jusqu'à mardi. - MYCHELE DANIAU - AFP

Les conducteurs de poids lourd ont prévu une journée d'action ce 19 janvier, avec des blocages de routes, de dépôts et de sites industriels dans toute la France. Ils réclament des hausses de salaire.

Après l'unité nationale, le climat social se tend à nouveau. Une grève des routiers, entamée dimanche soir, se poursuit ce lundi 19 janvier. Au menu: blocage des routes, des dépôts pétroliers, des centrales d'achats et des sites industriels dans toute la France, a prévenu l'intersyndicale CGT, FO, CFTC et CFE-CGC, à l'origine du mouvement.

Les grévistes réclament, notamment, des augmentations de salaire, alors que se tiennent des négociations salariales avec le patronat mardi et jeudi. Ces actions doivent durer au moins jusqu'à mardi, date de la prochaine séance de négociation annuelle obligatoire dans le transport routier de marchandises. Une seconde réunion est d'ores et déjà programmée jeudi 22 janvier. Mais la grève pourrait chambouler le calendrier établi.

Refuser la "smicardisation" de leur métier

Le mouvement ne concerne d'ailleurs pas que les routiers: les chauffeurs de car et les salariés du secteur logistique (stockage, magasinage, traitement des commandes, etc.) sont également appelés à cesser le travail pour "refuser la paupérisation et la Smicardisation rampante" de la profession.

Les syndicats réclament "une augmentation du pouvoir d'achat minimum de 100 euros", notamment en portant à 10 euros le taux horaire minimum pour les coefficients les plus bas à l'embauche.

"Les salaires dans le monde du transport sont quasiment gelés depuis trois ans. Or, pendant ce temps, le Smic continue à augmenter", a expliqué au micro de France bleu Marc Rosa, secrétaire général de la CGT Transports en Gironde. "Résultat: certains salariés qui ont entre 5 et 7 ans d'ancienneté touchent l'équivalent du Smic".

En 2014, un seul des quatre coefficients en vigueur dans le transport routier - celui des salariés les plus qualifiés - dépassait le Smic (9,53 euros bruts par heure en 2014), relevé à 9,61 euros pour 2015.

Un contexte favorable à des revalorisations

Or, le contexte est favorable à des revalorisations, estiment les syndicalistes, pointant les aides publiques octroyées aux entreprises via le pacte de responsabilité et le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), ou encore la baisse des prix du carburant.

Les organisations syndicales exigent en outre "la mise en place d'un 13e mois pour tous", "la suppression de la carence maladie" et l'ouverture de négociations sur "la gestion des fins de carrière" et "pour une protection sociale plus forte (mutuelle, prévoyance, dépendance)".

Les syndicats se disent résolus à obtenir des engagements de la part des fédérations patronales, quitte à faire durer les négociations. "Il n'est pas question qu'on laisse partir le patronat sans qu'il y ait d'accord", prévient Jérôme Vérité, patron de la CGT Transports. "Ca durera le temps que ça durera. On ne sortira pas de là sans qu'il y ait des choses sur la table", avertit le syndicaliste.

"Nous n'avons pas les marges de manœuvre suffisantes", rétorque Nicolas Paulissen, délégué général de la Fédération nationale des transports routiers, une organisation patronale. Les revendications des syndicats sont "en décalage avec les réalités économiques des entreprises", a-t-il déclaré, regrettant leur "choix tactique" d'appeler à manifester "avant la négociation". Son organisation présentera mardi une "proposition améliorée" de "1% à 2% de hausse selon les coefficients", alors que les syndicats réclament 5%.

N.G. avec AFP