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Pierre Gattaz: "nous sommes dans un marché de dupes" sur le coût du travail

Pierre Gattaz est interviewé par BFM Business, ce mercredi 28 août.

Pierre Gattaz est interviewé par BFM Business, ce mercredi 28 août. - -

Interviewé par BFM Business, ce mercredi 28 août, le président du Medef a affirmé vouloir "un engagement du gouvernement" sur le coût du travail. Il a rappelé son estimation de 50 milliards d'euros de charges payées en trop par les entreprises.

L'Université d'été du Medef, dont BFM Business est partenaire, a débuté, ce mercredi 28 août. Ce grand rendez-vous a pris son départ dans un contexte particulier: Jean-Marc Ayrault a livré la veille les mesures du gouvernement pour réformer les retraites, et a également ouvert la porte à des mesures visant à réduire le coût du travail.

Interviewé par Hedwige Chevrillon, Pierre Gattaz est revenu sur ces grands sujets.

> Le coût du travail, "un marché de dupe"

"Nous sommes dans un marché de dupes" sur les pistes pour baisser le coût du travail, a expliqué Pierre Gattaz. Il se justifie en arguant que les hausses de cotisations, dans le cadre de la réforme des retraites, sont déjà "assurées". Alors que la réflexion sur la baisse du coût du travail, "notre obsession" n'est qu'"une promesse du gouvernement". Pierre Gattaz a affirmé ainsi vouloir "un engagement ferme" de l'exécutif dans ce dossier.

Il a, à ce titre, rappelé avoir proposé d'augmenter conjointement la TVA et la CSG pour faire baisser le coût du travail. Pierre Gattaz a de nouveau avancé un chiffre de"50 milliards de baisses de charges" à effectuer sur cinq ans. 

Le président du Medef a également expliqué que pour manifester son mécontentement, un patron "ne descend pas dans la rue", "il quitte la France".

Sur ce dernier point, il souligne "que le terreau fiscal France s'il est trop contraignant", force les entreprises à partir. "Les investisseurs sont français ou internationaux ils ont le choix d'investir en France ou à l'étranger".

> "Taxer n'est pas réformer"

"Ce n'est pas une réforme car une réforme structurelle ne devrait pas toucher la fiscalité et les augmentations des cotisations", a-t-il expliqué sur la réforme des retraites. "Taxer n'est pas réformer et surtaxer, c'est créer du chômage", ajoute-t-il. "C'est une fausse réforme".

Il a évoqué "une solution de facilité", et estimé que "0,1% de hausse de cotisations" représente "à terme 10.000 emplois supprimés à 10 ans". Il explique que la hausse du coût du travail fait "le lien entre les deux".

> "Pas d'amélioration", ni du chômage ni de l'économie

"Je ne vois pas la reprise aujourd'hui. J'espère que les 0,5% se confirmeront", a commenté Pierre Gattaz sur la croissance. "Globalement, c'est une morosité, et je continue de voir une grande souffrance des chefs d'entreprise français".

Concernant le chômage, le président du Medef "ne voit pas d'amélioration du chômage par rapport à l'activité". Il indique être "gêné" que la baisse du chômage se fasse par le levier "des emplois aidés". "Il vaut mieux inciter l'entreprise à embaucher", a-t-il suggéré.

"Mon combat, c'est le combat de l'emploi", a-t-il assuré. "La France à 11% de chômeurs et on voit des signaux inquiétants explique-t-il, ajoutant être "très inquiet".

Julien Marion