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Patron ou angoissé en vacances, mode d'emploi pour déconnecter

Déconnecter en vacances, cela s'organise autant que les vacances elles-mêmes. Voici comment

Déconnecter en vacances, cela s'organise autant que les vacances elles-mêmes. Voici comment - Undawaterguy - Flickr - CC

Que vous soyez dirigeant d'entreprise d'un secteur qui ne connaît pas de temps mort, ou salarié angoissé de rater un mail important, le moyen de déconnecter pendant ses vacances existe. Il suffit de s'organiser un peu.

L'heure des vacances a sonné! Le grand départ pour quelques jours, voire quelques semaines, loin du bureau. Mais à l'ère du tout numérique, pour nombre d'entre vous, les emails professionnels vont continuer de s'accumuler sur votre smartphone, juste là, au fond de votre poche. Quelle attitude adopter? Tout déconnecter, et trouver des centaines -des milliers- de messages à gérer à votre retour? Les traiter au fil de l'eau, quitte à passer à côté du principe même des congés: déconnecter? Peut-on profiter de ses vacances tout en ne laissant aucune demande urgente en suspens? Oui, répondent les experts. A condition de s'organiser un peu.

Se préparer

Il faut savoir qu'en temps normal, on consulte en moyenne ses mails 60 fois par jour, on surfe sur des sites d'informations une quinzaine de fois et on regarde environ deux vidéos. En vacances, il est parfois difficile de changer ses habitudes. Pour certains, comme des chefs d'entreprises, il peut d'ailleurs être vital pour leur affaire de rester joignable quoi qu'il arrive.

La première chose à faire: "se poser la question de son niveau d'angoisse à ne pas regarder ses mails", explique Pascal Gallois, le patron de Pactes Conseils, une société qui épaule les DRH dans le management et le développement social des entreprises, sur BFM Business. "S'il est élevé, il faut le faire baisser. Donc se demander ce qu'il se passe si on ne les regarde pas. Il ne se passe pas grand-chose? Il se passe quelque chose? Il faut faire le point avec soi-même", estime le spécialiste. L'idée, c'est aussi de se préparer psychologiquement, quelques jours avant de partir, en regardant un peu moins son smartphone, ou tout simplement en imaginant comment on va le laisser de côté quelques jours.

Pour Pascal Gallois, le bon rythme, "c'est de pouvoir s'offrir au moins deux-trois jours sans connexion. Surtout au début des vacances. Ce grand saut dans la déconnexion doit intervenir le plus tôt possible". Et pour y parvenir, comme on prépare ses bagages avant de partir, la déconnexion se pense elle aussi avant le départ.

Déléguer

Il faut en particulier "déléguer", c'est-à-dire trouver des gens à qui on va pouvoir "reporter nos responsabilités". Ces personnes sont celles dont on va donner le nom et le numéro de téléphone sur sa messagerie téléphonique et son message de réponse automatique d'email. Ce doit être "des individus de confiance", avec lesquels on a discuté au préalable d'une marche à suivre. "Tu vas recevoir un appel, s'il est important, tu regardes de quoi et de qui il s'agit. Et effectivement, dans quelques cas, tu peux m'appeler, tu peux m'envoyer les mails".

Pour les grands angoissés, cela suppose de se débarrasser de certaines peurs. Cesser de se dire que les autres ne vont pas savoir traiter le dossier. "Il faut arrêter de se croire indispensable", tonne Samira Sophie, psychologue spécialiste du travail.

Justement, à ceux qui pourraient déconnecter, mais ne le veulent pas, "pour des raisons plutôt psychologiques", selon Pascal Gallois, nous conseillons un petit outil: le No Phone, qui ressemble en tout point à un smartphone, sauf qu'il est tout en plastique et n'offre aucune technologie. Un moyen, comme le souligne le groupe d'amis New Yorkais à l'origine du projet, "de toujours avoir un rectangle de douceur, en plastique froid sans renoncer à tout engagement potentiel avec votre environnement direct".

N.G.