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À Paris, les étudiants doivent dépenser plus du Smic pour vivre

Des étudiants de l'université Paul-Valéry Montpellier 3, le 28 septembre 2015.

Des étudiants de l'université Paul-Valéry Montpellier 3, le 28 septembre 2015. - Sylvain Thomas - AFP

Selon l'Unef, Paris est la ville la plus chère pour les étudiants, avec des dépenses mensuelles moyennes qui s'y élèvent à 1.156 euros par mois.

À l'approche de la rentrée scolaire, les études alarmistes sur le coût de la vie étudiante se succèdent. L'Union nationale des étudiants de France (Unef) a publié ce mardi son classement des villes étudiantes les plus chères, en tête duquel figure Paris. Ce classement complète une enquête sur le coût de la rentrée publiée dimanche, dans laquelle le premier syndicat étudiant dénonce une hausse de 1,23% du coût de la vie étudiante pour la rentrée 2016.

Selon l'Unef, les étudiants parisiens doivent débourser en moyenne 1.156 euros par mois pour leur logement, leurs transports et leurs dépenses courantes. La capitale devance Créteil (1.035 euros), Nanterre (1.024 euros), Nice (906 euros), Lyon (856 euros) et Bordeaux (831 euros). La ville la plus abordable est Limoges (655 euros), suivie de Poitiers (658 euros), Brest (661 euros), Saint-Étienne (684 euros) et Pau (692 euros).

"Du simple au double"

"Le coût d'une année universitaire varie du simple au double", dénonce l'Unef qui, à moins de neuf mois de la présidentielle 2017, demande des mesures "pour garantir l'égalité sur tout le territoire" et "réduire le coût de la vie des étudiants", qui s'élève sur une moyenne nationale à 800 euros par mois.

Le syndicat étudiant dénonce en particulier le prix des logements: 

"Ces inégalités s'expliquent principalement par les variations des prix des loyers, qui représentent en moyenne 55% du budget moyen annuel d'un étudiant et peuvent atteindre dans certaines villes près de 3/4 du budget moyen, comme à Bordeaux".

Même chose côté transports, où le budget passe du simple au triple entre Toulouse (100 euros par an) et Lyon (310 euros par an), alors que l'abonnement en Île-de-France revient à 341 euros par an.

2.360 euros à sortir pour la rentrée

Tout comme l'Unef, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) a sorti la calculatrice et tire la sonnette d'alarme. Dans son étude publiée ce mardi et révélée par Le Parisien, l'association chiffre le coût de la rentrée universitaire 2016 à 2.360 euros en moyenne par étudiant, un chiffre en hausse de 1,01% par rapport à l'année dernière.

Ce montant global correspond à la somme des frais de la vie courante, estimés à 1.126 euros (+1,55%), et des frais spécifiques à la rentrée, estimés à 1.234 euros (+0,5%). Tout comme l'Unef, la Fage estime que "le logement reste la dépense la plus problématique". Elle appelle à une généralisation de l'encadrement des loyers, un dispositif qui a permis de contenir leur hausse à 0,42% à Paris alors qu’elle s’élève à 2% en province, selon l'association.

Lundi, le ministère de l’Éducation nationale a assuré que l’effort "sans précédent" consenti depuis 2012 pour améliorer les conditions de vie étudiantes sera "poursuivi à la rentrée". Alors que 20.722 nouveaux logements sociaux étudiants ont été construits entre 2013 et 2015, le ministère assure que 40.000 nouveaux devraient voir le jour d’ici fin 2017, ajoutant que "les critères d’attribution des logements sociaux étudiants seront clarifiés dès la rentrée".

Ma. G. avec AFP