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Les solutions de Fillon pour lutter contre le chômage des jeunes

L'alternance doit être promue comme une voie d'excellence, affirme François Fillon.

L'alternance doit être promue comme une voie d'excellence, affirme François Fillon. - Stéphane de Sakutin - AFP

Le candidat à la primaire UMP pour 2017 estime que le système de formation n'est pas adapté au marché du travail. Il veut développer l'alternance et l'apprentissage, qui sont les meilleures voies d'accès à l'emploi pour les jeunes.

Après l'éducation, l'économie, l'immigration et le numérique, François Fillon, candidat à la primaire UMP pour 2017, doit présenter officiellement ce 20 mai ses propositions pour lutter contre le chômage des jeunes.

"Alors que le candidat François Hollande avait mis la jeunesse au coeur de son programme, le chômage massif des jeunes est socialement inacceptable. 140.000 jeunes quittent chaque année le système scolaire sans diplôme ni qualification, et un jeune sur quatre est au chômage", constate l'ancien premier ministre dans un dossier recensant ses propositions et distribué à des journalistes dès mardi.

"Ce constat est d'autant plus préoccupant" que "d'autres pays européens, comme l'Allemagne, la Suisse ou le Royaume Uni, réussissent mieux que nous en dépensant moins".

En cause: "notre système de formation" qui "n'est pas adapté au marché" du travail et nous enferme dans une impasse", affirme François Fillon dans une interview aux Echos publiée ce mercredi. Le remède est l'alternance, prône le candidat à la primaire UMP.

L'alternance doit devenir une voie d'excellence 

"L'alternance apparaît comme la solution non seulement à développer mais aussi à systématiser. Elle doit être promue comme une voie d'excellence", qui agit "comme un tremplin vers l'emploi", affirme-t-il. "C'est la clé de la réussite allemande", soutient François Fillon. "Seuls 7% des jeunes Français entre 16 et 25 ans sont en alternance, dont 5% en apprentissage, contre 17% en Allemagne", alors que "25% des jeunes Français sont au chômage contre 8% des jeunes Allemands".

Première proposition: "notre système scolaire, qui renforce les inégalités, échoue à remédier aux difficultés rencontrées par les élèves". Il doit donc "s'adapter" pour "ne plus fonctionner comme une machine à trier". "Il faut changer de modèle" et "mettre fin au culte du diplôme".

1,4 milliard dépensés à fonds perdu dans les emplois aidés

Il faut ensuite "mettre fin à la gabegie des contrats aidés" que lui-même avait mis en place quand il était à Matignon. Mais "il faut savoir analyser les erreurs du passé pour ne pas les refaire", dit-il aux Echos. Ces emplois "pèsent 1,4 milliard d'euros dans le budget de l'Etat. Pour quel résultat?"

L'ancien chef de gouvernement propose donc de redéployer ces fonds en direction de l'alternance et de l'apprentissage, mesure qui serait doublée par "une exonération totale de charges patronales pour toutes les entreprises qui accueillent des jeunes en alternance". 

Confier l'enseignement professionnel aux régions 

Autres propositions: "généraliser l'apprentissage dans l'enseignement professionnel" et "confier aux régions la totalité de l'enseignement professionnel" (une mesure jugée "révolutionnaire" par son entourage).

François Fillon, qui a visité mardi un centre de formation et d'apprentissage à Asnières (Hauts-de-Seine) et dont les responsables ont déploré devant lui que "l'écart se creuse entre les exigences de l'entreprise et la formation des jeunes", prône également "une révolution pédagogique".

"En France, 45% des heures d'enseignement suivies par les bacheliers professionnels sont consacrées aux enseignements généraux, sans aucun lien avec l'activité professionnelle à laquelle ils se destinent", déplore-t-il

Selon lui, "il ne s'agit pas de transiger avec le socle de connaissances fondamentales" mais de "faire entrer davantage de contenu théorique en lien avec la vie professionnelle".

Pour mieux les préparer à leur futur métier, les jeunes apprentis devraient également passer "un maximum de temps dans l'entreprise". Les enseignements seraient assurés "via des cours du soir et un recours accru au e-learning". Chaque jeune apprenti recevrait dans cette optique une tablette électronique.

Enfin, pour François Fillon les entreprises doivent pouvoir "s'adapter en permanence à leurs besoins réels". D'où la nécessité de "faciliter les embauches et les licenciements", en réformant le Code du travail.

L'ancien Premier ministre fera des propositions dans ce sens à la rentrée de septembre.

C.C. avec AFP