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Les entreprises préférées des jeunes diplômés en 2018 sont...

VIDÉO - Nestlé, Danone et Ferrero dévissent, Amazon explose au détriment de Google: voici les gagnantes et les perdantes du classement Universum 2018 des entreprises où les meilleurs étudiants de France rêvent de travailler .

Les meilleurs étudiants de France, ceux qui terminent leurs cursus dans les plus grandes écoles de commerce et d'ingénieurs de l'Hexagone ont voté. Cela donne l'édition 2018 du classement Universum: qui parle à la fois des aspirations des étudiants, et de la réputation des entreprises après des jeunes diplômés. Voici les faits saillants du millésime 2018.

L'Oréal reprend la deuxième place à Google

Le géant français des cosmétiques, qui détient Garnier, Biotherm et une multitude d'autres marques, rafle au géant de la tech la deuxième place du classement des entreprises où les étudiants en école de commerce rêvent de travailler. Une place que L'Oréal occupait jusqu'en 2016, et que Google lui avait ravi ces deux dernières années.

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- © Universum

Mais ce retour sur la deuxième marche du podium doit moins à un regain d'attractivité du leader mondial de la beauté qu'à la percée fulgurante d'Amazon au classement.

Le géant du e-commerce a en effet progressé de treize places en un an, et entre au dernier rang du top 10. Cela signifie que les étudiants qui ambitionnent de travailler dans le secteur du numérique plébiscitent désormais Amazon plutôt que Google. En subissant une baisse relative d'intérêt, la filiale d'Alphabet, qui vient également de céder le rang de deuxième capitalisation boursière américaine à la firme de Jeff Bezos, laisse un boulevard à L'Oréal.

Mars, Pespi, Mondelez: l'agroalimentaire dégringole

Danone, Nestlé, Coca, Mondelez (Lu, Milka, Tuc, etc.), le fabricant du Nutella Ferrero, Mars, Pepsi, Orangina: tous les géants de l'agroalimentaire du classement perdent chacun une dizaine de places en 2018. "Après avoir joué la valeur refuge pendant la crise, le secteur chute en continu depuis trois-quatre ans", souligne Aurélie Robertet, directrice d'Universum France.

Ces leaders de l'agro-alimentaire, encore vus il y a quinze ans comme "une estampille à avoir sur son CV", se rappelle-t-elle, pâtissent du manque d'envie des commerciaux à sillonner de larges territoires seul en voiture pour démarcher les supermarchés, et surtout du phénomène du manger sain et des circuits courts.

Les étudiants ne connaissent toujours pas bien Kering

Quand LVMH reste l'indétrônable numéro 1 des étudiants en commerce, Kering se contente de la 54e place, deux rangs plus bas qu'en 2017. Comme Solocal après avoir abandonné le nom Pages Jaunes, ou Kraft Food après être devenu Mondelez, le groupe de luxe piloté par François-Henri Pinault pâtit d'une notoriété en baisse depuis son changement de nom. L'ex-PPR a pourtant fait cette modification il y a près de cinq ans, mais le groupe de luxe aurait depuis peu et mal communiqué à ce propos. Ainsi les étudiants ont du mal à identifier ses marques attrayantes, Gucci, Saint Laurent, Balenciaga, etc.

Les scandales et l'effet Elise Lucet?

L'impact des affaires peut se ressentir sur l'image des boîtes auprès d'étudiants toujours plus en quête de sens. Lactalis, qui figurait encore à la 100e place en 2016, a totalement disparu des listes des groupes préférés des étudiants.

Pour Lidl, le Cash Investigation sur la violence du management n'a eu aucun effet sur ses ventes: le distributeur a surperformé le secteur en gagnant 0,3 points de parts de marché le mois suivant la diffusion. Mais l'attractivité de sa marque employeur chute de treize places entre 2017 et 2018. Lidl, qui n'était déjà pas bien haut, atteint le rang 116. Carrefour et Auchan perdent également sept places chacun, mais ils se situent bien plus haut dans le tableau.

Un contre-exemple: en dépit du dieselgate, Volkswagen, absent du top 100 l'année passée, fait son entrée directement à la 41e place.

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Les ingénieurs veulent plus d'argent

Universum note un écart de prétentions salariales grandissant entre hommes et femmes. Les secondes s'apprêtaient à réclamer 10,7% de moins que les premiers en 2017, elles en sont à plus de 12% de moins en 2018. En cause: les ambitions des femmes en termes de rémunération sont restées stables, alors que celles des hommes ont augmenté de 2,5% sur un an.

Cela s'explique notamment par le fait qu'une population très masculine, "les étudiants ingénieurs, sont dragués de toutes parts, et savent qu'ils peuvent demander plus d'argent", indique Aurélie Robertet. D'ailleurs les attentes des étudiants de business school et de ceux d'école d'ingé sur ce sujet divergent de deux points de plus que l'année dernière. Soit exactement la même augmentation que celle de l'écart entre hommes et femmes.

Méthodologie: Le cabinet Universum a soumis à 37.000 répondants d'écoles de Commerce et d'Ingénieurs une liste de 100 entreprises à classer par ordre de préférence. Ils pouvaient ajouter des noms qui n'y figuraient pas. Mais pour qu'une entreprise figure au classement, il ne suffit pas qu'elle soit mentionnée par un grand nombre d'étudiants: il faut qu'elle recrute et mettent en place une politique "employeur" auprès des écoles. Un moyen de s'assurer que ce ne sont pas seulement les produits ou services de l'entreprise qui font rêver les étudiants, mais aussi l'entreprise en tant qu'employeur. Ainsi Hermès, plébiscité chaque année, n'apparaît pas dans le top parce qu'elle recrute peu et ne noue pas de relations avec les écoles.

Nina Godart