BFM Business

Les diplômés de la high tech ne connaissent pas la crise

Le campus de l'INT

Le campus de l'INT - Meunia Wikimedia Commons CC

Le secteur high tech, notamment les sociétés de services informatiques et les start up, recrute à tour de bras des jeunes diplômés, qui ont plutôt l'embarras du choix. Témoignages.

Si beaucoup de pans de l'économie sont frappés par la crise, le secteur high tech continue de tirer son épingle du jeu. Les jeunes diplômés trouvent ainsi du travail sans trop de difficultés.

Ainsi, Eliott, qui vient d'être diplômé de l'école d'ingénieur Isep, assure: "les diplômés des écoles d'ingénieur ne connaissent pas la crise. Il n'y a pas de problème pour trouver du travail".

"Trouver du travail sans problèmes"

Benjamin, qui a décroché une licence professionnelle d'entrepreneuriat à l'université de Bordeaux IV, témoigne dans le même sens: "en montant à Paris, je pensais que je trouverais un travail sans problème, car les start up web ne connaissent pas la crise: il y a un grand besoin de recrutements, surtout avec des profils informatiques. Et les financements sont accessibles si la start up démontre l'intérêt de son service auprès d'une cible". A la rentrée 2014, Benjamin a donc trouvé un poste dans la start up Captain Contrat. "Et probablement, dans une prochaine étape, je me lancerai et créerait ma propre start up".

"Cernée de geeks"

Helena se souvient qu'elle "n'était pas très bonne élève, et ne savait trop quel métier faire. Je ne connaissais rien à l'informatique, mais on m'a dit que ça menait à tout. Alors j'ai intégré l'Epita après le bac. Je me suis retrouvé cernée de geeks, alors que je ne l'étais pas du tout. A la sortie de l'Epita, j'ai reçu des dizaines d'offres d'emploi, et j'ai trouvé du travail tout de suite, comme tous les autres élèves de l'Epita que je connais. J'ai choisi d'aller chez une société de conseil. Mais mon rêve à terme serait de créer une start up, qui apporterait un service vraiment innovant qui n'existe pas ailleurs. J'espère avoir la force de me lancer quand j'aurai accumulé suffisamment d'expérience et trouvé une idée suffisamment forte."

"Ne pas se payer pendant deux ans"

Felix, qui a obtenu un diplôme d'ingénieur de l'ECE, puis un mastère spécialisé en marketing et communication à l'ESCP, a déjà franchi le pas. Il a créé sa start-up, Tribway avec quatre autres associés. " Créer sa start up est relativement simple par rapport à d’autres pays, grâce aux aides de l'Etat et aux indemnités chômage. Nos levées de fonds, la première en particulier se sont déroulées relativement simplement". Toutefois, tout n'est pas rose: "nous avons mis deux ans avant de nous salarier -au Smic la première année. Et nous avons réorienté deux fois le concept avant de trouver le bon, qui est un le concept store des meilleurs cadeaux du web".

Surtout, Felix constate que "de plus en plus de jeunes veulent créer leur start up, sans y connaître grand chose, notamment côté technique. Il y a 7 ou 8 ans, il était même assez facile de monter sa start up sans aucune compétence web. Mais aujourd'hui, le secteur s'est professionnalisé: les investisseurs sont devenus plus exigeants, et les projets qui émergent sont de meilleure qualité. Et il ne faut pas s'imaginer qu'une start up se revend rapidement, ça reste rare: la majorité des start up qui se font racheter ont plus de cinq ans".

Ne pas se lancer tout de suite

Eliott, notre diplômé de l'Isep, même s'il sait qu'il trouverait du travail tout de suite, préfère se donner un peu de temps, et fera l'an prochain un mastère spécialisé à Télécom Paris: "je ne pense pas être prêt pour me lancer sur le marché du travail dès demain. Lors de mes stages, j'ai vu des aspects peu attirants dans certaines entreprises: les ragots, les intrigues, le piston..." 

Et dans la high tech, tout n'est pas rose non plus: "je souhaite m'orienter vers les réseaux ou les télécoms, même si je suis conscient que les télécoms recrutent peu en ce moment. Et tous mes amis ont certes trouvé en moins de trois mois. Mais tous ont trouvé chez des prestataires de services. Trouver un poste en interne dans une entreprise reste très difficile".

Jamal Henni