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Le patronat sonne la mobilisation générale

L'UPA, l'une des trois organisations patronales organisant la mobilisation, lors d'une précédente manifestation, en décembre 2013

L'UPA, l'une des trois organisations patronales organisant la mobilisation, lors d'une précédente manifestation, en décembre 2013 - John Thys - AFP

La semaine de mobilisation patronale débute ce lundi 1er décembre, avec un appel de la CGPME à manifester dans la rue à Paris et à Toulouse. Les chefs d'entreprise vont appeler à agir pour retrouver la croissance et exprimeront leur colère envers plusieurs mesures.

Les patrons dans la rue. Ce lundi 1er décembre débute la semaine de mobilisation générale des chefs d'entreprises organisée par les trois principaux mouvements patronaux, le Medef, la CGPME et l'Union professionnelle artisanale (UPA).

Cette manifestation doit "expliquer la gravité de la situation, agir et convaincre qu’il existe des solutions pour retrouver croissance et emplois", dixit le Medef.

"Esperons que pour une fois nous serons entendus", déclare sur BFM Business le président de la CGPME, Jean-François Roubaud. "Nos politiques ne sont pas assez proches des petites entreprises. Ces gens-là n'en peuvent plus".

Brandir les cadenas

Le point d'orgue de cette semaine surviendra mercredi, lorsque les trois organisations patronales se réuniront à Lyon. Le président du Medef, Pierre Gattaz, y prononcera alors un discours.

Pour ce lundi, la CGPME a appelé le patronat à investir les rues dans le cadre de deux rassemblements, l'un tenu à Paris pour la partie Nord, l'autre à Toulouse pour la partie Sud.

La Confédération patronale a choisi pour slogan "PME/TPE cadenAssez, libérez nos entreprises!". Une phrase qui doit ainsi montrer au grand public l'exaspération et les difficultés des dirigeants des plus petites entreprises. A ce titre, les patrons sont invités à se munir de cadenas dans la rue pour accompagner le slogan. 

Le compte pénibilité comme motif de mécontentement

Cette colère des chefs d'entreprises, partagée par le Medef et l'UPA, se cristallise autour de plusieurs dossiers parmi lesquels le compte pénibilité.

Cette mesure phare de la réforme des retraites impose notamment à l'employeur de remplir des fiches individualisées, listant les critères de pénibilité auquel s'expose chaque salarié dans son travail. La complexité de ce dispositif provoque la colère des patrons.

"Aller vérifier pour 100 salariés le niveau de pénibilité avec des gens et savoir s'ils travaillent au-dessus ou en dessous des épaules, la nuit ou pas la nuit, pour des cas de pénibilité réels mais qui concernent 0,1% des salariés (…) on est dans le drame", déplorait Guillaume Poitrinal, co-président du conseil de simplification et patron de la PME Woodeum, le 30 octobre dernier sur BFM Business.

Colère contre la loi Hamon

Le Medef, par la voix de Pierre Gattaz a plusieurs fois réclamé le retrait de ce dispositif jugé coûteux. Dans une tribune parue dans le JDD du 30 novembre, Jean François Pillard, membre du Medef, cite une enquête de l'UIMM, la fédération de la métallurgie, qui chiffre le coût du compte pénibilité entre 500 et 600 euros par an et par salarié.

Outre le compte pénibilité, les patrons sont également vent debout contre l'augmentation de la durée minimale hebdomadaire des temps partiels, passée à 24 heures depuis le 1er juillet dernier. La CGPME considère cette mesure comme "une folie" qui coûterait entre 600.000 et 700.000 postes. 

Autre sujet de mécontentement: la loi Hamon. Ce texte impose aux patrons d'entreprises de moins de 250 employés de prévenir deux mois à l'avance les salariés en cas de cession de la société. Pierre Gattaz avait dénoncé en octobre un procédé "complexe, absurde, contre-productifs" qui mettait "à cran" les chefs d'entreprises.

Julien Marion