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Le groupe sidérurgique Ascometal placé en redressement judiciaire

Ascométal a été placé en redressement judiciaire.

Ascométal a été placé en redressement judiciaire. - -

Le tribunal de commerce de Nanterre a placé le groupe sidérurgique Ascométal en Redressement judiciaire, ce vendredi 7 mars. Arnaud Montebourg a précisé que le groupe a reçu "plusieurs marques d'intérêt" en vue de sa reprise.

Le délai de 24 heures n'aura pas suffi pour permettre à l'actionnaire d'Ascométal et à ses créanciers de trouver un accord. Le groupe sidérurgique a en effet été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Nanterre, ce 7 mars.

Dans la foulée de cette annonce, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a indiqué avoir reçu "plusieurs marques d'intérêt" dans le cadre d'une possible reprise du groupe.

Les magistrats devaient rendre leur avis la veille, mais ils avaient finalement repoussé leur décision à ce matin afin que "les parties continuent à négocier dans l'espoir qu'un accord puisse être trouvé".

Ce fleuron sidérurgique français, en dépôt de bilan, emploie 1.900 salariés. Son avenir était suspendu aux négociations qui se tenaient à New York entre l'actionnaire, le fonds américain Apollo, et les banques Morgan Stanley et Bank of America.

Des discussions qui auraient achoppé sur les contreparties exigées par les banques en échange de l'effacement de la dette du groupe. Contractée lors du rachat de l'ancienne filiale d'Usinor il y a trois ans par le fonds Apollo, elle s'élève à 360 millions d'euros. Or les intérêts annuels de près de 37 millions d'euros asphyxient totalement l'entreprise.

Les banques et le fonds "sur le carreau"

Comme les banques se méfient désormais d'Apollo, qu'elles accusent de les avoir entraînées dans une affaire non rentable, elles demandent à disposer de droits sur la gouvernance du groupe et à "récupérer quelques billes" en cas de vente future d'Ascométal.

Le fabricant d'aciers spéciaux avait demandé à être placé en redressement avec une période d'observation courte. Les banques et le fonds, eux, ont intérêt à éviter un redressement, mesure qui "les laisserait sur le carreau", leur ferait "perdre leurs investissements" et tout pouvoir de décision, qui passerait entre les mains d'un administrateur, ont expliqué les sources.

Du côté du ministère du Redressement productif, on ne cache pas que des repreneurs potentiels ont été approchés pour présenter une offre de reprise en cas de redressement.

Nina Godart