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Le gouvernement ne parvient pas à faire décoller l'apprentissage

Le nombre de nouveaux entrants en apprentissage a reculé de 5% au mois d'octobre sur un an. Les efforts faits par l'exécutif ne suffisent pas encore à convaincre les entreprises de franchir le pas.

Les chiffres sont passés inaperçus en fin de semaine dernière mais après une légère embellie au mois de septembre, les nouveaux chiffres de l'apprentissage sont en baisse.

Et la tendance est à nouveau très inquiétante. Ainsi, en dépit de tous les coups de pouce, les entreprises restent réticentes à embaucher des apprentis. Au mois d'octobre, seuls 64.600 jeunes ont signé un contrat d'apprentissage, soit 5% de moins que l'an dernier à la même période.

Problème de conjoncture

C'est pourtant habituellement le mois-clé pour les signatures de ce type de contrats. Depuis trois ans, le dispositif s'effondre. Il a accusé une chute de 8% en 2013, et 3% en 2014. Et, pour cette année, le ministère du Travail sait déjà qu'il ne parviendra pas à redresser la barre. On est très loin de l'objectif voulu par l'exécutif de 500.000 apprentis en 2017.

Les mesures financières sont insuffisantes. Embaucher un apprenti de moins de 18 ans ne coûte pourtant plus rien aux petites entreprises... grâce à l'aide "TPE jeune apprenti". Une aide de 1.100 euros par trimestre. Les règles sur les conditions de travail et le temps de travail des apprentis mineurs ont été assouplies.

Mais les entreprises, notamment celles du bâtiment, estiment que la reprise n'est pas encore assez solide. L'image de l'apprentissage auprès des jeunes et de leurs parents reste aussi à redorer. Surtout que cette voie est une valeur sûre. 70% des apprentis trouvent un emploi durable à la fin de leur cursus.

Isabelle Gollentz