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Laurent Berger veut "déringardiser le syndicalisme"

Laurent Berger estime que les syndicats ont une part de responsabilité dans la mauvaise image qu'ils renvoient.

Laurent Berger estime que les syndicats ont une part de responsabilité dans la mauvaise image qu'ils renvoient. - BFMTV

Le leader de la CFDT a admis que les syndicats français avaient "une part de responsabilité" concernant la mauvaise image que ces derniers renvoient. Sur BFMTV et RMC, le dirigeant a également défendu son choix de ne pas défiler ce vendredi 1er mai.

"Il y a un climat global qui fait que les Français sont en défiance à l'égard de beaucoup d'institutions". Le constat est signé Laurent Berger, qui n'a toutefois pas cherché d'excuse au moment de commenter un récent sondage montrant un certain désamour des Français pour les syndicats. Invité de BFMTV et RMC, le numéro un de la CFDT a ainsi prévenu: "l'erreur pour syndicalistes serait de dire: "c'est tout le monde et on n'a pas à s'interroger". Non, on s'interroge beaucoup sur ce qu'on doit faire".

"Il y a une part de responsabilité"

"Il y a une part de responsabilité", a-t-il admis. Selon lui, "l'erreur que le syndicalisme a pu faire, c'est de donner le sentiment qu'il était en réaction, en commentaire de la situation vécue par les salariés, mais pas les mains dans le cambouis, pas à essayer de trouver les solutions". "Or nous en trouvons, mais elles sont inaudibles parce que l'image qu'ont les syndicats, c'est qu'ils protestent, contestent mais ont du mal à proposer. C'est tout l'inverse de ce qu'est la CFDT aujourd'hui" parce qu'elle veut "changer le quotidien des salariés", sur "des choses très concrètes: sur la vie au travail, sur les salaires, sur l'emploi qui se font tous les jours dans les entreprises", assure-t-il.

"Il n'y pas de tradition immuable"

Evoquant le festival que la CFDT organise en ce 1er mai pour les jeunes, le secrétaire général de la confédération a estimé qu'il "faut arrêter de considérer qu'il y a des traditions immuables". "On entend depuis ce matin parler du "traditionnel défilé du 1er mai". La CFDT ne défile pas aujourd'hui", a-t-il rappelé, contrairement à la CGT, la FSU, Solidaires et l'Unsa qui battront le pavé côte à côte.

La CFDT entend discuter avec les jeunes "des sujets qui les concernent". "On considère que c'est la fête des travailleurs" et "il est normal de faire une initiative syndicale mais on peut faire autre chose que le défilé", a-t-il expliqué. "La CFDT fait autre chose" du 1er mai, "un moment de convivialité, de rencontres", "mais c'est quand même la fête des travailleurs et j'y tiens", a-t-il conclu.

Y.D. avec AFP