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Laurent Berger: "arrêtons de parler de la courbe du chômage"

Laurent Berger était l'invité de BFM Business ce jeudi 12 décembre.

Laurent Berger était l'invité de BFM Business ce jeudi 12 décembre. - -

Le leader de la CFDT était, ce jeudi 12 décembre, l'invité de BFM Business. Il est notamment revenu sur les négociations entre les partenaires sociaux sur la réforme de la formation professionnelle mais a évoqué nombre d'autres sujets.

Alors que les négociations entre partenaires sociaux sur la réforme de la formation professionnelle peinent à déboucher sur un accord, Laurent Berger, le leader de la CFDT, était l'invité de BFM Business ce jeudi 12 décembre.

Outre ce sujet,il a évoqué plusieurs autres grandes thématiques de l'actualité.

> La réforme de la formation professionnelle

"Ce qui est acceptable pour la CFDT c'est de passer d'une obligation de moyen à une obligation de résultat" a-t-il expliqué.

Il s'est déclaré favorable à la "suppression de l'obligation légale de 0,9% (de la masse salariale, ndlr) pour les entreprises" mais à condition qu'il y ait "des moyens supplémentaires mutualisés pour les salariés". Laurent Berger veut ainsi que les fonds mutualisés passent de "0,8% à 1% de la masse salariale".

Il a reconnu que le système actuel de formation professionnelle est "compliqué et qu'il ne va pas en direction des salariés les moins qualifiés et des demandeurs d'emploi". A ce titre, il a estimé que la création d'un compte personnel formation "est une bonne chose mais il faut l'alimenter".

Enfin, alors que le financement professionnel représente une importante manne pour les partenaires sociaux; il a jugé que "ce n'est plus à la formation professionnelle de prendre seule en charge le financement du dialogue sociale".

> L'évolution du chômage

Laurent Berger a considéré "qu'il y a une inquiétude depuis deux-trois mois" en raison de la "multiplication des plans sociaux".

Avant de pester sur la fameuse courbe du chômage, que François Hollande veut inverser avant la fin de l'année: "je veux qu'on arrête avec cette courbe. Arrêtons de parler de la courbe, parlons des gens. La question n'est pas de savoir si on va inverser la courbe, mais il faut aider les chômeurs à retrouver un emploi".

Il a évoqué plusieurs pistes pour parvenir à ce but notamment "l'accompagnement renforcé des demandeurs d'emploi y compris par la formation professionnelle".

> La démission du patron de Veolia réclamée par les syndicats

Les syndicats du spécialiste du traitement de l'eau et des déchets, la CFDT y compris, ont demandé la démission du patron de l'entreprise, Antoine Frérot. "C'est très rare que la CFDT appelle à la démission", a réagi Laurent Berger. Il a indiqué s'être entretenu avec des délégués syndicaux qui lui ont affirmé "que Veolia n'a aucune transparence dans sa stratégie" et que les syndicats ne sont "pas écoutés".

"On supprime des emplois mais on ne dit pas pourquoi, au bout d'un moment il y en assez. Les représentants du personnel ne sont pas là pour faire joli", a-t-il déclaré.

> Le plan de restructuration chez EADS

Dans un débat avec le DRH d'EADS, Thierry Baril, Laurent Berger a estimé que la "stratégie [du groupe] est floue". "Faut-il faire des économies à court-terme terme ou il y a-t-il une vrai stratégie pour se repositionner sur le marché de la défense dont on sait qu'il est actuellement bousculé?".

Il a également regretté que "les seuls efforts sont en nombre de salariés". Deux affirmations balayée d'un revers de la main par Thierry Baril qui a rappelé qu'EADS procède à cette restructuration pour redresser la compétitivité de sa divisions Espace et Défense et que les efforts ne portent pas uniquement sur l'emploi.

J.M.