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L'Eglise veut fonctionner comme une entreprise

L'Eglise veut devenir une branche professionnelle pour mieux définir les règles de salaire, de temps de travail et de formation en son sein.

L'Eglise veut devenir une branche professionnelle pour mieux définir les règles de salaire, de temps de travail et de formation en son sein. - Laurent Lenotre - Flickr - CC

L'Eglise française a déjà ses représentants syndicaux. Elle veut désormais se doter d'une branche professionnelle pour entamer des négociations et clarifier les règles pour tous ses salariés.

Le dialogue social existe aussi au sein de l'Eglise! Vous ne le saviez peut-être pas mais l'Eglise française a ses représentants syndicaux. Et désormais l'institution veut même se doter d'une branche professionnelle. A l'instar de n'importe quel autre secteur, l'Eglise veut pouvoir établir des règles communes pour tous ses salariés.

Une grande réunion se tient ce vendredi autour de la Conférence des évêques de France, avec des représentants syndicaux et, côté "patronat" pourrait-on dire, un évêque. L'objet des discussions: créer une véritable branche professionnelle pour gérer tous les salariés rattachés à l'Eglise.

Ils sont 12.000 en France à travailler officiellement pour les paroisses et les diocèses. Aumônerie, tâches administratives, comptabilité. C'est en 1997 qu'est créé le statut de personnel laïc de l'Eglise de France. Progressivement des accords collectifs sont signés dans les diocèses, mais les règles sont floues. Il s'agit désormais d'aller plus loin.

Un dialogue social particulier

Comme dans toutes les branches professionnelles, l'Eglise veut entamer des négociations sur le temps de travail - les temps partiels sont souvent la règle – ainsi que sur la formation et l'évolution de carrière. Mais le dialogue social dans l'Eglise a ses particularités. Il est difficile de transposer le droit du travail tel quel au sein de l'univers religieux, régi avant tout par le droit canonique.

Certains évêques souhaitent par exemple garder la possibilité de mettre des conditions d'ordre moral à l'embauche d'un salarié, comme son statut marital. D'éventuelles négociations salariales seraient en outre compliquées étant donné que parler d’argent est mal vu, et pas seulement parce que la quasi-totalité des diocèses sont en faillite. Le SMIC représente la norme salariale.

Isabelle Gollentz, édité par N.G.