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Indemnisation chômage: ce qui change au 1er octobre

L'Unédic veut encourager les chômeurs à accepter des emplois, même mal payés et de courte durée.

L'Unédic veut encourager les chômeurs à accepter des emplois, même mal payés et de courte durée. - Philippe Huguen - AFP

Un million de chômeurs indemnisés pourraient être touchés par les réformes de l'Unédic qui entrent en vigueur ce 1er octobre. L'organisation veut inciter les chômeurs à prendre des emplois, même s'ils sont à court terme.

Deuxième volet de la réforme de l'Assurance chômage: trois mesures entrent en vigueur, ce mercredi 1er octobre.

Objectif de l'Unédic, qui gère l'assurance chômage, encourager les chômeurs à prendre des emplois, même s'ils ne sont qu'à temps partiel ou qu'ils sont moins rémunérés que leurs allocations. Un million des 2,2 millions de chômeurs indemnisés pourraient être touchés par cette réforme. 

Certaines règles ne changent pas. Pour toucher des allocations, il faut avoir travaillé 4 mois (610 heures), et le nombre de jours indemnisés est toujours calculé sur le nombre de jours travaillés.

> Les droits rechargeables

Pour inciter les chômeurs à accepter des missions, même de courte durée, les indemnités touchées grâce à un nouvel emploi s'ajoutent à celles liées à leur ancien poste. Si un chômeur trouve un emploi alors qu'il avait encore le droit à des allocations, elles sont suspendues. S'il se retrouve à nouveau au chômage, il recommence à toucher les allocations liées à son premier emploi.

A partir du 1er octobre, quand ces premières allocations sont écoulées, les chômeurs peuvent bénéficier de nouvelles indemnisations, liées au second emploi, à condition d'avoir au moins travaillé un mois (150 heures) pour le nouvel employeur.

> Le cumul salaire/allocation chômage

Toujours pour inciter les chômeurs à accepter des emplois, même s'il s'agit de postes moins bien rémunérés que leur dernière position, l'allocation chômage peut être utilisée pour compenser la différence entre leur nouveau et leur ancien salaire.

Cette mesure existait déjà, mais les restrictions (travailler moins de 110 heures par mois, toucher un salaire inférieur de 70% au précédent) ne s'appliquent plus. Seule limite: la somme touchée au final doit être inférieure au salaire précédent, sur lequel l'allocation est calculée. 120.000 personnes supplémentaires pourraient bénéficier des allocations, selon l'Unédic.

> L'indemnisation "multi-employeurs"

Jusqu'à présent, un salarié ayant plusieurs employeurs pouvait déjà toucher des indemnités s'il perdait un de ses emplois. Mais il fallait qu'il représente plus de 30% de ses revenus. Autre régulation: s'il perdait un second emploi plus tard, son nombre de jours indemnisés restait calculé sur la première perte d'emploi, comme s'il n'avait gagné aucun jour de cotisation en continuant de travailler.

Ces mesures n'existent plus. Désormais, chaque indemnisation est calculée indépendamment: en perdant un premier emploi, le chômeur commence à toucher des indemnités calculées sur son salaire et son nombre de jours travaillés avec cet emploi, et s'il perd un deuxième job, il touche en plus les indemnités liées à ce deuxième travail. Cette mesure devrait principalement toucher les personnes travaillant dans les services à la personne et à domicile, précise l'Unédic.

> Les cadres et les intermittents financent les réformes

En 2014, l'Unédic compte stabiliser son déficit à 3,8 milliards d'euros, comme en 2013, avant de baisser à 3,5 milliards en 2015.

Pour financer ces trois mesures, l'Unédic compte sur les réformes du régime des cadres et des intermittents, passées dans la douleur cet été, qui ont permis de faire des économies. Mais le coût final de ces trois mesures n'est pas encore connu.

Joseph Sotinel