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Gattaz réclame des baisses de charges sur tous les salaires

Pierre Gattaz estime qu'il faut aussi  être compétitifs sur les" salaires à haute valeur ajoutée".

Pierre Gattaz estime qu'il faut aussi être compétitifs sur les" salaires à haute valeur ajoutée". - Eric Piermont - AFP

Les allégements de cotisations sur les plus bas salaires, obtenus dans le pacte de responsabilité, ne suffisent pas à rétablir la compétitivité, clame le président du Medef. Il faut aussi agir sur les salaires à forte valeur ajoutée.

Si le coût du travail ne baisse pas, les entreprises iront embaucher ailleurs. C'est la menace que brandit Pierre Gattaz, patron du Medef. A l'occasion de la conférence de presse mensuelle de l'organisation patronale, ce 7 juillet, il a réclamé "un allègement de charges rapide sur la totalité du spectre des salaires".

D'un côté, "vous avez un gisement d'emplois rapide et tactique sur les bas salaires, certes, donc il est clair que pour régénérer des emplois rapidement, je dirais tactiquement, il faut baisser plutôt sur les bas salaires, c'est-à-dire les salaires à faible valeur ajoutée", a-t-il expliqué.

De l'autre, "je pense que pour le futur du pays, il faut aussi avoir des salaires compétitifs sur les salaires à haute valeur ajoutée, que vous trouvez dans l'industrie certes, mais que vous trouvez dans les banques, dans les assurances, dans beaucoup de professions d'engineering ou du Syntec", a ajouté Pierre Gattaz.

Un modèle social très lourd à porter

Le Pacte de responsabilité du gouvernement prévoit déjà des allègements de cotisations patronales jusqu'à 3,5 Smic, mais "le coût du travail continue à être élevé", juge le patron des patrons. "Je rappelle que pour 100 euros nets donnés à un salarié, ça coûte aujourd'hui, avant le Pacte, 185 euros chargés à l'entreprise en moyenne. Ces mêmes 100 euros nets donnés à un Allemand se transforment en 155 euros chargés pour l'entreprise allemande", a-t-il comparé, fustigeant "toutes les cotisations qu'on a sur la tête et qui sont liées à l'accumulation depuis des décennies d'un modèle social très lourd à porter".

"Dans un environnement mondialisé, européanisé, vous comprenez bien que si ce coût du travail reste cher, nous irons malheureusement embaucher ailleurs dans des pays moins chers, c'est aussi simple que ça", a-t-il prévenu.

Le Cercle des économistes a appelé dimanche à concentrer les allègements de charges sur les bas salaires. Quant à "La Fabrique de l'industrie", think tank coprésidé par le président du conseil de surveillance de PSA, Louis Gallois, et le président du conseil d'administration d'Airbus, Denis Ranque, elle plaidait fin juin pour des allègements sur les salaires "intermédiaires".

C.C. avec AFP