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Ecarts de salaires hommes femmes : mesdames, c’est de votre faute

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L'analyse des études sur les écarts de rémunération donne un verdict clair: tout se joue au moment de la négociation du salaire

A partir de 15h35 ce jeudi 6 novembre, selon le calcul de la newsletter « les glorieuses » les Françaises travaillent « gratuitement », puisque c’est à cet instant que le salaire des hommes va dépasser, sur l’année celui des femmes. Un moment déterminé à partir des calculs d’Eurostat, qui établit à 15,2% l’écart de salaire en faveur des hommes, un niveau légèrement inférieur à la moyenne européenne européenne (16,2%). Mais il est possible d’être plus exhaustif que le chiffrage global livré par les statisticiens européens.

Partons du plus général pour aller vers le plus détaillé. L’Insee estime ainsi à 25% l’écart de salaires quand on compare tous les hommes et toutes les femmes au travail. Il diminue à 19% quand on tient compte des différences de temps de travail, sachant que les femmes font davantage de temps partiel, souvent malgré elles, et moins d’heures supplémentaires, car elles sont moins nombreuses que les hommes à travailler dans les secteurs qui recourent le plus à cette pratique.

25% ou 3% d'écart ? 

Affinons encore : si l’on mesure vraiment les rémunérations des hommes et des femmes à parcours et diplômes identiques, l’écart tombe à 9%. Si l’on en croit Glassdoor, la plateforme mondiale de l’emploi, l’écart diminue à 6% si l'on compare à secteur identique, à situation géographique identique et à taille d’entreprise identique. Enfin, si l’on pousse le raffinement statistique à mesurer les écarts de rémunération au sein d’une même entreprise et au même niveau de responsabilité, comme le fait le cabinet Korn Ferry, ils ne sont plus que de 3 à 5%.

Est-ce que cet écart est voué à se réduire ? sans doute. Parce que les mentalités changent, et parce qu’à partir du 1er janvier, les entreprises de plus de 50 salariés devront mesurer les écarts de salaires entre hommes et femmes. Avec en cas d’inégalités trop fortes, des sanctions importantes pouvant atteindre 1% du chiffre d’affaires pour les sociétés de plus de 50 salariés. Mais surtout, tout dépendra de la capacité des femmes à faire leur révolution culturelle. Elles souffrent d’abord du syndrome du bon élève : elles attendent d’être récompensées naturellement pour leur travail, et sont beaucoup moins habiles que les hommes à s'auto-promouvoir. Elles souffrent aussi du syndrome de l’imposture: parce qu’elles doutent de leur capacité et de leur légitimité, elles négocient des salaires inférieurs de 15% en moyenne à ceux des hommes lors de leurs embauche, si l’on en en croit des travaux universitaires allemands.

Conclusion: mesdames, prenez vous en mains!