BFM Business

Chômage: le lourd tribut des plus de 50 ans

Les seniors ont été les premiers touchés par la hausse du chômage

Les seniors ont été les premiers touchés par la hausse du chômage - Philippe Huguen - AFP

Le nombre des chômeurs a encore progressé de 0,5% en mai par rapport à avril. Principale victime de cette hausse: les seniors. Leur nombre a crû de 8,7% sur une année et carrément doublé en l'espace d'un peu moins de six ans.

Encore une fois l'exécutif fait face à des chiffres de l'emploi décevants. Selon les dernières données publiées par Pôle Emploi, le nombre d'inscrits au chômage en catégorie A (sans aucune activité) a progressé en mai. Ils sont 16.200 de plus qu'en avril (+ 0,5%).

Or près de la moitié des victimes de cette nouvelle hausse sont des demandeurs d'emplois de plus de 50 ans. Leurs rangs comportent en mai 7,800 personnes de plus, dans la seule catégorie A.

De fait, les seniors sont ceux qui ont payé le plus lourd tribut à la nouvelle montée du chômage observée depuis le début de l'année. Ils sont 25.000 de plus que fin décembre. Soit bien plus que dans les autres catégories. Sur la même période, les moins de 25 ans ont, en effet, vu leur nombre légèrement progresser (+5.000 à 551.000 inscrits) Et le noyau dur de la population active (26-49 ans) a connu une hausse plus modérée (+21.000 par rapport à fin décembre). 

Un nombre de chômeurs qui a doublé en 6 ans

Sur un an, le nombre de seniors au chômage a augmenté de 8,7% (+ 67.000 inscrits en plus). Une croissance bien plus élevée que chez les jeunes (+2,9%) et les 25-49 ans (+4,1%).

En prenant un horizon encore plus lointain, le prix payé par les seniors est encore plus flagrant. Leur nombre a, en effet, doublé par rapport à août 2009, où ils n'étaient encore que 423.000 inscrits en catégorie A à Pôle Emploi. A titre de comparaison, on recensait 458.000 jeunes dans cette catégorie à la même époque.

Ainsi, en l'espace d'un peu moins de 6 ans, le nombre de seniors au chômage a doublé, dépassant largement celui des jeunes. Il convient toutefois de rappeler qu'entre temps deux réformes des retraites ont été menées par deux gouvernements différents, repoussant l'âge de leur sortie de la vie active... Sans qu'on puisse en connaître le chiffre précis, les demandeurs d'emplois âgés de plus de 60 ans inscrits à Pôle emploi sont forcément plus nombreux aujourd'hui qu'en 2009. 

Un "événement inhabituel" pour expliquer les mauvais chiffres?

Le ministère du Travail impute les mauvais chiffres du chômage du mois de mai à un "événement inhabituel". Dans son communiqué, François Rebsamen cite ainsi "la forte baisse inexpliquée du nombre des demandeurs d’emploi actualisés suivie, après relances multiples, d’une hausse d’une ampleur exceptionnelle".

"Il en a résulté une chute des sorties de Pôle emploi pour défauts d’actualisation qui rend la donnée statistique non comparable aux mois précédents et donc non interprétable", explique-t-on.

La Dares, le pôle statistique du ministère du Travail, estime que si les demandeurs d'emploi avaient eu un comportement similaire aux mois précédents, la hausse aurait été limitée au maximum à +10.000 demandeurs d'emploi en catégorie A.

J.M.