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Avec cette start-up, plus aucune candidature ne restera sans réponse

En jetant ces CV, les entreprises se privent de ressources dont elles peuvent avoir rapidement besoin.

En jetant ces CV, les entreprises se privent de ressources dont elles peuvent avoir rapidement besoin. - Sierra Graphic - CC

Faute de temps, les recruteurs se donnent rarement la peine de répondre aux CV reçus. Yaggo se charge de le faire à leur place. En plus d'adresser des réponses personnalisées, la start-up épluche et classe les CV afin de conserver les meilleurs profils dont l'entreprise pourrait avoir prochainement besoin.

Envoyer des dizaines de CV sans jamais obtenir de réponse, c'est ce qu'endurent au quotidien les personnes à la recherche d'un job. Recevoir un mail de réponse type est une expérience tout aussi décevante et génératrice de frustration. Un gâchis d'énergie et de compétences auquel s'attaque Yaggo. Ce service est en réalité une émanation du site de recrutement emploi-e-commerce.com. "On était frustrés de se démener pour proposer aux entreprises les bons profils et de constater qu'elles se focalisaient uniquement sur le résultat, à savoir trouver la bonne personne pour le job, sans se soucier des candidatures reçues une fois écartées", regrette Matthieu Penet, fondateur de Yaggo.

Or pour obtenir ces CV, les entreprises ont investi au travers de la publication d'annonces, de stands dans les salons de recrutement et en œuvrant au développement de leur marque employeur… En jetant ces CV, les entreprises se privent de ressources dont elles peuvent avoir rapidement besoin. "Un candidat peut être écarté car il a un profil junior alors que l'entreprise cherchait plutôt un senior. Mais elle peut avoir besoin de ce type de profil quelques mois plus tard", cite en exemple Matthieu Penet. 

Montrer de la bienveillance

Yaggo prend donc en main la gestion de ces candidatures refusées au fur et à mesure du processus de recrutement. Pour celles qui sont trop éloignées des besoins du recruteur, un mail personnalisé leur est envoyé. Celui-ci a été élaboré en étroite collaboration avec les services des ressources humaines, notamment pour savoir si ce sera le tutoiement ou le vouvoiement qui sera adopté. "Nous pouvons aussi y ajouter un conseil sur la manière d'améliorer sa candidature, comme celui de mettre plus en avant la rubrique expérience ou bien en précisant les dates de disponibilités", indique le créateur de Yaggo.

Toutes ces attentions doivent donner l'image d'une entreprise bienveillante. Une donnée essentielle pour les sociétés ayant des activités auprès du grand public: un candidat écarté reste un client potentiel. S'il est déçu de la manière dont il a été traité, il peut tout simplement s'en détourner et relater son expérience négative auprès de son entourage.

Des CV disséqués

Les candidats dont le potentiel a été apprécié reçoivent un message différent: l'entreprise souligne que la qualité du profil pourrait répondre à des besoins dans un futur proche, et que le CV est mis de côté. Mais ce n'est pas une formule destinée à adoucir le refus. Cinq collaborateurs de Yaggo ont pour mission d'extraire toutes les informations contenues dans les CV: elles enrichissent des bases de données qui seront sollicitées quand de nouveaux postes seront à pourvoir.

Pour fidéliser ces bons candidats, une newsletter leur est envoyée, environ une fois par mois, contenant des news sur la société ainsi que les postes à pourvoir. "On prend bien soin de ne pas envoyer aux personnes le poste pour lequel elles ont été écartées", précise Matthieu Penet. Les candidats se sentent valorisés et considérés, ce qui peut s'avérer décisif dans les secteurs où les entreprises peinent à trouver les bons profils.

Lancé il y a 5 mois, le service Yaggo a déjà séduit des clients comme Leboncoin, Voyages-sncf.com ou encore Boulanger. Selon la taille des entreprises et le niveau de service, il faut compter entre 1000 et 2000 euros par mois pour que les services RH soient totalement déchargés de la gestion des candidatures.

Coralie Cathelinais