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Après la fermeture de leur usine, les salariés de Jean Caby tentent de limiter la casse

Le tribunal de commerce a décidé mercredi la liquidation judiciaire de l'usine située près de Lille. Les salariés ont décidé de distribuer gratuitement plusieurs tonnes de saucisses cocktail aux passants afin de faire pression sur la direction pour obtenir les meilleures conditions de licenciement.

C'est la fin d'une entreprise presque centenaire. Le tribunal de commerce de Lille a prononcé mercredi la liquidation judiciaire du charcutier Jean Caby, spécialiste de la saucisse cocktail. L'usine, basée à Saint-André près de Lille, emploie 232 personnes qui vont être licenciées.

Au lendemain de l'annonce, les salariés sont mobilisés. Ils organisent ce jeudi une distribution gratuite de 2,5 tonnes de saucisses en stock.

"Nous fabriquions des produits de qualité, avec du porc français, encore fumés au feu de bois et non chimiquement. C'est un savoir-faire qui disparaît... Nous sommes dans la tristesse et la colère, mais sans violence", a expliqué à l'AFP Mouloud Amara, délégué syndical CGT

Cette distribution a surtout pour but d'alerter l'opinion publique et la direction sur leur sort. Les salariés veulent obtenir les meilleures conditions de licenciement possibles, avec des primes supra-légales. Car ils n'ont pas ménagé leurs efforts pour éviter la fermeture de l'usine. Ils ont augmenté leur temps de travail de 32 heures à 37 heures, ont renoncé aux primes. Mais cela s'est révélé insuffisant pour contrecarrer le manque d'investissement et des outils de productions devenus obsolètes.

La société américaine Foxlease Food, propriétaire de Jean Caby depuis 2012, avait lancé un plan de modernité qui consistait à construire une nouvelle usine. 90 % des travaux ont été effectués mais cela ne suffit pas.

L'offre de reprise présentée au tribunal par un Danois, qui prévoyait de reprendre 122 salariés, n'a pas été jugée viable. L'entreprise va donc fermer ses portes vendredi.

C.C.