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Whirlpool: Macron hausse le ton contre la Pologne

Emmanuel Macron hausse le ton face à la Pologne

Emmanuel Macron hausse le ton face à la Pologne - Éric Feferberg - AFP

Le leader d'En Marche! évoque des sanctions contre Varsovie dans une interview à la Voix du Nord. Non pas pour dumping social mais parce que le pays est accusé de ne pas respecter les valeurs de l'Union européenne.

Emmanuel Macron tape du poing sur la table. Dans une interview à la Voix du Nord, le leader d'En Marche! évoque des sanctions contre la Pologne, alors que c'est dans ce pays que doit être délocalisée la production du site Whirlpool d'Amiens, où il s'était rendu mercredi.

Il juge qu'il ne peut y avoir de pays "qui joue des écarts fiscaux sociaux au sein de l'Union européenne et qui est en infraction de tous les principes de l'Union".

"J'ai toujours défendu l'Europe dans cette campagne tout en disant que je voulais une autre Europe, une Europe qui protège (...) Je ne céderai rien. Ceux qui ne l'ont pas compris ne me connaissent pas", affirme-t-il.

Les valeurs de l'UE en question

S'il reconnaît que des sanctions ne sont pas possibles sur un éventuel dumping social, le candidat réclame des poursuites inédites de l'Union via l'article 7 du traité de l'UE.

"Sur le dossier de Whirlpool, dans les trois mois qui suivront mon élection, il y aura une décision prise sur la Pologne. Je mets ma responsabilité sur la table sur ce sujet", lance le candidat centriste à l'adresse du gouvernement conservateur-nationaliste polonais.

"Je veux qu'on regarde le cas de la Pologne dans son intégralité. Et que sur les sujets des droits et des valeurs de l'Union européenne des sanctions soient prises", affirme-t-il encore.

La Pologne sous le coup d'une sanction

La Commission européenne a mis en garde de manière répétée le gouvernement du parti Droit et Justice (PiS) --au pouvoir à Varsovie depuis fin 2015--, estimant que sa réforme de la justice constitutionnelle portait atteinte à l'Etat de droit.

Si la réponse de la Pologne envoyée en février n'est pas jugée satisfaisante, l'exécutif européen pourrait déclencher une procédure pouvant mener à des sanctions inédites.

L'article 7 du traité de l'UE prévoit la possibilité de suspendre le droit de vote d'un pays au Conseil (l'instance de l'Union où sont regroupés les Etats membres), quand une "violation grave et persistante" de l'Etat de droit est constatée.

J.M. avec AFP