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Varoufakis appelle à voter Macron

Yanis Varoufakis a salué le rôle d'Emmanuel Macron dans les négociations avec la Grèce.

Yanis Varoufakis a salué le rôle d'Emmanuel Macron dans les négociations avec la Grèce. - Tobias Schwartz - AFP

L'ancien ministre grec des Finances a appelé ce mardi à voter pour le candidat à la présidentielle française, saluant au passage son rôle lors de la crise grecque.

L'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, une des références de la gauche radicale en Europe, a appelé ce mardi à voter pour Emmanuel Macron, par le biais d'une tribune dans le journal Le Monde.

Si Yanis Varoufakis "comprend que les électeurs progressistes français aient toutes les raisons d'être en colère" contre le programme d'Emmanuel Macron, il "refuse de faire partie d'une génération de progressistes européens qui auraient pu empêcher Marine Le Pen de gagner la présidence française mais ne l'ont pas fait".

Mais "il y a quelque chose de plus dans mon soutien à Emmanuel Macron: au cours de mon mandat en tant que ministre des Finances de la Grèce au début de 2015, Emmanuel m'a révélé un côté de lui que peu de progressistes connaissent", rapporte l'ancien dirigeant, nommé ministre après la victoire du parti de gauche radicale Syriza en janvier 2015 et qui démissionnera l'été suivant en désaccord avec la stratégie du Premier ministre Alexis Tsipras dans ses négociations sur la dette grecque.

"Macron a été le seul ministre d'État en Europe à faire tout son possible pour nous aider"

"Alors que la troïka des créanciers de la Grèce et le gouvernement de Berlin étranglaient les tentatives de notre gouvernement de gauche nouvellement élu pour libérer la Grèce du carcan de sa dette, Macron a été le seul ministre d'État en Europe à faire tout son possible pour nous aider", affirme-t-il.

Yanis Varoufakis raconte que, fin juin 2015, "lorsque l'Eurogroupe avait décidé de fermer nos banques pour punir notre gouvernement", Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, aurait convaincu François Hollande de rouvrir une négociation et "proposé de venir incognito à Athènes" pour une médiation. Mais l'Elysée mettra un veto à cette mission sous l'influence d'Angela Merkel, qui n'aurait pas apprécié qu'Emmanuel Macron relaie la position grecque.

"En écrasant le printemps grec, la troïka a non seulement porté un coup à la Grèce, mais aussi à l'intégrité et à l'esprit de l'Europe. Emmanuel Macron a été le seul membre du système qui a essayé de s'y opposer. Je pense qu'il est de mon devoir de faire en sorte que les Français progressistes, sur le point d'entrer (ou de ne pas entrer) dans le bureau de vote au second tour, fassent leur choix en ayant pleinement conscience de cela", conclut Yanis Varoufakis.

Pas un soutien total à Macron

S'il a salué le rôle d'Emmanuel Macron dans la crise grecque, Yanis Varoufakis n'en combat pas moins le programme du candidat. "Les électeurs progressistes français ont toutes les raisons d’être en colère contre Emmanuel Macron", écrit-il ainsi, citant la "poursuite de la déréglementation du marché du travail au milieu d’une crise déflationniste est du néolibéralisme enragé" ou "ses propositions actuelles pour une reconfiguration de la zone euro".

Y.D. avec AFP