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Valls: "je veux convaincre que cette réforme est utile"

Le Premier ministre était l'invité de RTL ce 23 février. Et il a tenté une opération séduction auprès des Français.

"Il y a trop de rigidité sur le marché du travail français". Manuel Valls, sur RTL ce mardi 23 février, veut convaincre de l'importance du projet de loi El Khomri sur la réforme du code du travail. "Je veux convaincre que cette réforme est utile", a-t-il martelé. Une réforme si nécessaire que le Premier ministre se refuse à exclure de passer par le 49.3 si besoin. Pour autant, le Premier ministre préférerait l'éviter. "J'en appelle à un débat serein et intelligent". Le texte a été "arbitré", envoyé au Conseil d'État, va passer au conseil des ministres le 9 mars, avant d'arriver à l'Assemblée, où "le débat va se poursuivre" à partir du 4 avril, a-t-il rappelé.

Débat certes, mais débat intelligent. "Je veux sortir de la vision caricaturale de l'entreprise, de la confrontation stérile entre patrons et salariés". Cette loi est "un message de confiance aux entrepreneurs et aux salariés", a-t-il estimé, en démentant qu'il s'agisse de "sacrifices" imposés aux salariés. Pour Manuel Valls, "le chef d'entreprise ne doit plus avoir peur d'embaucher car il aurait peur de licencier. Nous donnons plus de souplesse aux entreprises".

"J'irais jusqu'au bout"

Le projet de loi El Khomri prévoit notamment la primauté des accords d'entreprises en matière de temps de travail, la possibilité de référendums pour valider des accords minoritaires, une sécurisation juridique du licenciement économique pour les entreprises, des indemnités prud'homales plafonnées en cas de licenciement abusif et un recours facilité au forfait-jour dans les petites entreprises. Côté sécurisation des salariés, il crée le Compte personnel d'activité (CPA) pour attacher une série de droits sociaux (formation, pénibilité) à la personne, et non au statut, et instaure un "droit à la déconnexion".

Le Premier ministre assure s'être inspiré des réformes qui ont porté leurs fruits en Suède et au Danemark. Et malgré la fronde de certains, Manuel Valls ne compte pas lâcher. "J'irai jusqu'au bout", a-t-il répondu à un auditeur de la radio, chef d'entreprise, qui lui demandait s'il résisterait à la "pression sociale" pour l'adoption de ce texte très critiqué à gauche et par les syndicats.

D. L.