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Valls attaque Hamon sur l'épineuse question de la dette

Manuel Valls a marqué son intention d'apparaître comme le candidat le plus "crédible".

Manuel Valls a marqué son intention d'apparaître comme le candidat le plus "crédible". - TF1

Lors du débat de l’entre-deux tours de la primaire de la gauche, l’ancien Premier ministre s’en est pris aux dépenses supplémentaires contenues dans le programme de son concurrent, visiblement peu à l’aise avec le sujet.

Le projet de Benoît Hamon va-t-il faire exploser la dette de la France ? C’est ce que semble croire Manuel Valls (et d’autres). Et, sans surprise, la question a agité le débat de l’entre-deux tours de la primaire de la gauche, ce mercredi.

Défendant un investissement massif dans une transition écologique et environnementale, le candidat arrivé en tête lors du premier tour a visiblement défini une priorité claire. "Dans quel environnement faisons-nous grandir nos enfants? Quel monde allons-nous leur laisser?", s’est-il ainsi interrogé, sur le plateau de TF1, France 2 et France Inter.

Mais, prié d’évaluer les effets de son plan d’investissement sur les comptes publics, le député des Yvelines a botté en touche. "On négocie avec les banquiers, pas avec la nature", a-t-il lâché. "L’option politique que je propose, ce n’est pas de dire que ce qui va peser sur l’avenir de mes filles, c’est la dette. (…) La dette, elle est aujourd’hui environnementale".

Interrogé avec insistance par le journaliste Gilles Bouleau sur la dette financière du pays (2.200 milliards d’euros environ), il s’est même montré agacé: "si c’est votre priorité ce n’est pas la mienne", s’est-il contenté de répondre.

"Comment réagiront les autres pays? "

Sans surprise, Manuel Valls a saisi la balle au bond, marquant un peu plus son intention d’apparaître comme le candidat le plus "crédible".

"Je pense que nous pouvons être capables d’assumer de nouvelles dépenses - autour de 15 à 16 milliards d’euros supplémentaires - en matière de sécurité, de justice et de défense", a-t-il affirmé. Mais en les finançant par "des économies, notamment en faisant des transferts de compétences vers les collectivités territoriales, mais aussi en matière de santé et de prévention".

"Je ne propose pas une marche forcée vers le '0 déficit'", a-t-il poursuivi. Avant de passer à l’offensive, par le biais d’une longue tirade: "Si vous dites qu'il n’y a plus de travail, si vous généralisez le revenu universel (450 milliards d’euros), si vous dites '32 heures' avec la question du pouvoir d’achat qui va se poser… Si on propose, comme toi Benoît, un effacement de la dette, comment réagiront les autres pays ? Si on dit qu’on renonce aux 3%, qu’il faut augmenter le nombre de fonctionnaires, qu’il faut même peut-être un nouveau porte-avions, alors il y aura la question de la crédibilité".

Y.D.