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Thierry Breton n'est "pas favorable à l'austérité" pour financer le plan de relance de l'Europe

Invité de BFMTV et RMC, le commissaire européen en charge du marché intérieur est favorable à de nouveaux prélèvements sur le numérique ou les émissions de CO2, plutôt qu'à des taxes pesant sur les individus, pour financer le plan de relance de 500 milliards d'euros.

Le commissaire européen chargé du marché intérieur a précisé sur les antennes de BFMTV et de RMC, les enjeux liés au plan de relance européen financé par une dette commune sur lequel la France et l'Allemagne se sont mises d'accord. "C'est un moment historique que cette convergence de vue. On a une obligation de présenter ce plan la semaine prochaine aux Etats-membres, qui vont en débattre. Je rappelle que cette proposition de 500 milliards d'euros consiste en des subventions directes" a ajouté Thierry Breton.

"Toutes les dettes ont vocation à être remboursées mais je ne suis pas du tout favorable à une politique d'austérité qui impliquerait de se serrer la ceinture. Il faut au contraire donner des ressources propres à l'Europe par exemple en taxant les Gafa ou la taxe CO2. On doit trouver progressivement les moyens pour rembourser" a ajouté le commissaire européen.

"Il y d'autres façons de trouver des impôts modernes qui correspondant à ce que l'on veut pour le pacte vert, pour la numérisation. Il faut que chacun, dans ce monde à inventer, paie sa juste contribution que ce soit dans l'espace numérique ou écologique. On n'est pas obligé de taxer les individus. On peut aussi inventer des modes de solidarités plus globaux" a t-il expliqué.

La Commission européenne avait indiqué mercredi qu'elle voulait assortir de certaines conditions le plan de relance européen qu'elle compte présenter le 27 mai. Ce plan de relance "va fournir une puissance de feu (aux pays touchés, ndlr) et cette puissance de feu sera liée à des priorités, bien sûr", a dit le Commissaire européen aux Affaires économiques, l'Italien Paolo Gentiloni.

Selon le projet de la Commission, l'argent octroyé aux régions et aux secteurs les plus touchés par la pandémie de coronavirus devrait être investi en priorité dans l'environnement, la transformation numérique ou utilisé pour financer certaines réformes.

Frédéric Bergé