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Sanctions américaines: il y aura "évidemment des mesures de rétorsion" avec l'Union européenne

Alors que les Etats-Unis s'apprêtent à frapper les importations européennes de droits de douane supplémentaires, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a assuré sur BFMTV que l'Europe ne se laisserait pas faire.

"Evidemment nous prévoirons des mesures de rétorsion" contre les Etats-Unis, en concertation avec l'Union européenne, si Washington applique courant octobre les sanctions contre des produits européens annoncées mercredi, a indiqué ce jeudi la porte-parole du gouvernement français Sibeth Ndiaye sur BFMTV et RMC.

"Nous avons toujours dit devant l'OMC que nous considérions qu'il vaut mieux trouver des solutions amiables plutôt que s'engager dans des conflits commerciaux", a ajouté Sibeth Ndiaye, au lendemain de l'annonce par les Etats-Unis de tarifs douaniers punitifs à venir sur ces produits.

La porte-parole du gouvernement n'a pas ciblé des produits américains en particulier qui pourrait faire l'objet de mesures de rétorsion. Et elle assure que la taxe qui vise les géants du web n'en fait partie.

"Il y a des organisations qui sont aujourd'hui devenues tellement importantes qu'elles se comportent quasiment comme des voyous vis à vis des Etats et ça n'a rien à voir avec la nationalité de ces entreprises là, a expliqué Sibeth Ndiaye. Et il y a une autre chose, ce sont les tensions commerciales. Nous avons cherché à les apaiser, mais s'ils ne sont pas dans cette logique d'apaisement, l'Europe ne se laissera pas faire."

+25% de taxes sur le vin français le 18 octobre 

Les Etats-Unis s'apprêtent en effet à augmenter les droits de douanes sur de nombreux produits importés d'Union Européenne. Les services du représentant américain au Commerce (USTR) ont publié mercredi un inventaire à la Prévert des importations européennes qui vont être frappées de droits de douane supplémentaires allant de 10 à 25%. Cela va des olives, aux anoraks en passant par le vin, les biscuits, les fromages, mais aussi bien sûr des avions.

Une décision de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) publiée mercredi, jugeant qu'Airbus a bénéficié de subventions indues, a ouvert la porte à ces sanctions américaines. Ces taxes, qui vont considérablement renchérir une multitude de produits de grande consommation, seront instaurées à partir du 18 octobre.

Côté français, ce sont d'abord les vins qui sont visés d'un surcroît de tarifs de 25%, de même que les vins espagnols et allemands. Seul le Tokay, un vin hongrois, n'est pas sanctionné, de même que le vin en cubi de plus de deux litres. Des fromages français, plutôt à pâte dure, sauf le roquefort qui est explicitement exclu, vont aussi coûter 25% plus cher aux Etats-Unis, de même que des fromages venant d'Italie et de toute l'Europe. Olives, moules et coquillages sont aussi sanctionnés.

Au niveau des produits industriels, une surtaxe de 25% va s'appliquer sur toute une panoplie d'outils venant d'Allemagne, allant des haches aux tournevis, en passant par des lames de couteaux pliables.

L'Allemagne est aussi visée pour son café et ses gaufres, tandis que l'Angleterre est frappée sur son textile. Pullovers en laine, en cachemire "made in England", costumes d'hommes, pyjamas, maillots de bains et literie écopent aussi d'une augmentation de 25% de leur prix.

Frédéric Bianchi avec AFP