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Pêche post-Brexit: Londres appelle "au calme", Paris "ouvert à des discussions"

Au lendemain de l'annonce de mesures de rétorsion par la France dans le cadre du conflit sur la pêche, le gouvernement britannique a appelé "au calme" et à la désescalade. Jean Castex s'est quant à lui dit "ouvert aux discussions" à condition que "Londres respecte ses engagements".

Le gouvernement britannique a appelé ce jeudi au "calme" et à la désescalade dans le conflit opposant Paris et Londres sur la pêche, après l'annonce par la France de mesures de rétorsion et le déroutage d'un navire écossais vers Le Havre. "Il est important de rester calme et d'aller vers une désescalade", a déclaré le ministre de l'Environnement George Eustice lors d'une brève intervention sur le sujet au Parlement. "Notre porte reste toujours ouverte", a-t-il ajouté.

Le ministre a réaafirmé que des licences de pêche avaient été accordées à 98% des bateaux européens qui en avaient fait la demande, dont quatre dans les derniers jours, sur la base de nouvelles informations fournies par l'Union européenne. "Nous restons engagés et disposés à prendre en compte de nouvelles informations", a-t-il poursuivi.

De son côté, Jean Castex s'est dit "ouvert aux discussions" si Londres "respecte ses engagements". "Nous sommes ouverts en permanence aux discussions, matin, midi et soir", a dit le Premier ministre, rappelant une nouvelle fois que "les Britanniques doivent respecter leurs engagements", lors d'un déplacement à Lorient (Morbihan).

"Comprenez que nous soyons intransigeants sur le fait que (...) les engagements souscrits soient tenus", a poursuivi le chef du gouvernement. Avant d'affirmer: "Nous veillerons au respect de nos intérêts et au respect de la parole donnée".

Un chalutier écossais dérouté vers Le Havre

Les tensions sont encore montées d'un cran entre la France et le Royaume-Uni après que deux bateaux de pêche britanniques eurent été verbalisés mercredi lors de contrôles. Le propriétaire du chalutier écossais verbalisé et dérouté par les autorités françaises vers le port du Havre a estimé jeudi qu'il s'agissait d'un "malentendu" et dénoncé une manoeuvre politique.

"Nous pensons que nous pêchions légalement dans les eaux françaises. Je soupçonne que c'est politiquement motivé, nous n'avons pas eu ce problème (auparavant)", a déclaré Andrew Brown, porte-parole de l'entreprise MacDuff Shellfish basée à Mintlaw, au nord d'Aberdeen. "Les eaux dans lesquelles nous pêchions étaient ouvertes depuis le 18 octobre", a-t-il ajouté. Il a confirmé que le chalutier Cornelis, spécialisé dans la pêche de la coquille Saint-Jacques, avait été dérouté vers le port du Havre et son capitaine interrogé. "Nous cherchons à contacter les autorités françaises. Nous essayons de nous assurer que le gouvernement britannique travaille en notre nom", a-t-il indiqué.

Ces contrôles par les autorités françaises, habituels "pendant la saison de pêche à la coquille Saint-Jacques", s'inscrivent aussi "dans le cadre du durcissement des contrôles dans la Manche, dans le contexte des discussions sur les licences avec le Royaume-Uni et la Commission européenne", a précisé le ministère français de la Mer.

La France, en conflit avec le Royaume-Uni sur les licences de pêche post-Brexit, a annoncé mercredi l'entrée en vigueur mardi prochain de premières mesures de rétorsion contre les îles anglo-normandes et Londres si le nombre de licences accordées aux pêcheurs français reste insuffisant.

P.L. avec AFP