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Moins de CDD, licenciements plus chers: le parlement italien réforme le droit du travail

Le Sénat italien a adopté le texte détruisant le "Jobs Act" de Renzi.

Le Sénat italien a adopté le texte détruisant le "Jobs Act" de Renzi. - Andreas Solaro - AFP

Porté par le mouvement antisystème 5 étoiles, le texte vise à favoriser l'emploi en renforçant la protection des salariés. Et balaie le "Jobs Act" de Matteo Renzi, adepte d'une plus grande flexibilité.

Le parlement italien a définitivement adopté mardi une loi phare du gouvernement populiste visant à favoriser l'emploi dans la péninsule en limitant notamment le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) et en rendant plus coûteux les licenciements.

Dans la foulée de la Chambre des députés la semaine dernière, le Sénat a avalisé mardi le "décret-loi dignité", cheval de bataille du vice-Premier ministre Luigi Di Maio (Mouvement 5 Etoiles, antisystème), avec 155 voix pour, 125 voix contre et une abstention.

Concrètement, il ne sera plus possible de dépasser les deux ans en CDD, contre trois auparavant. En outre, les CDD se verront appliquer une charge de cotisations croissante de 0,5% à partir du premier renouvellement, pour quatre renouvellements maximum, contre cinq auparavant.

Les indemnités pour licenciements abusifs sont également augmentées.

Toute entreprise ayant reçu une aide de l'État sera tenue de la rembourser si elle délocalise son activité dans les cinq ans. Si cette délocalisation a lieu en dehors de l'UE, l'entreprise devra rembourser de deux à quatre fois le montant de l'aide.

Les sénateurs du Parti démocrate (PD, centre gauche) se sont bruyamment opposés mardi à cette révision législative.

"Décret du chômage" pour l'opposition

Le texte balaie en effet le "Jobs Act", réforme du marché du travail de l'ex-chef du gouvernement Matteo Renzi (PD).

En vigueur depuis mars 2015, le Jobs Act avait introduit un contrat de travail à durée indéterminée à "protection croissante", qui permettait aux employeurs un licenciement plus facile pendant au moins trois ans. Il était accompagné d'allègements substantiels de charges sociales pendant cette période.

"Plutôt que de dignité, le décret adopté aujourd'hui par le Sénat est un décret contre les travailleuses et travailleurs, avec une série de mesures à usage de communication. Nous l'avons appelé 'décret du chômage'", a commenté mardi la sénatrice du PD Valeria Fedeli, en jugeant que la nouvelle loi allait rendre plus difficile l'embauche de jeunes, en particulier dans le Sud du pays.

Les organisations patronales ont également dénoncé ces mesures ces dernières semaines.

Le taux de chômage en Italie atteignait 10,9% en juin. Pour les Italiens âgés de 15 à 24 ans, il s'est élevé à 32,6%, très au-dessus de la moyenne de la zone euro (16,8% en mai).

Y.D. avec AFP