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Covid-19: séquençage, production de vaccin... Le nouveau plan de lutte de l'UE face aux variants

Ursula von der Leyen, présidente de l'exécutif européen, la 10 février 2021 à Bruxelles

Ursula von der Leyen, présidente de l'exécutif européen, la 10 février 2021 à Bruxelles - JOHANNA GERON © 2019 AFP

La Commission européenne a dévoilé mercredi l'"incubateur HERA". Ce projet vise à détecter plus rapidement l'apparition de nouveaux variants au sein de l'UE et à accroître les capacités de production de vaccins du bloc communautaire.

Bruxelles veut faire oublier les couacs des dernières semaines. Après avoir reconnu les manques de l’Union européenne dans sa stratégie vaccinale contre le Covid-19, la présidente de la Commission européenne, Urusla von der Leyen, a présenté mercredi "l’incubateur HERA" (Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire), son nouveau plan de lutte contre la pandémie et la "menace accrue que font peser les variants".

Ce dernier vise à renforcer la collaboration entre les chercheurs, les entreprises de biotechnologie et les pouvoirs publics de l’UE afin de mieux détecter les nouveaux variants et d’accélérer le processus de validation et la production des vaccins au sein même du bloc communautaire. Il devra être approuvé par les Etats membres lors du prochain Conseil européen qui se tiendra les 25 et 26 février.

"Notre priorité est de faire en sorte que tous les Européens aient accès dès que possible à des vaccins sûrs et efficaces contre la COVID-19. Dans le même temps, de nouveaux variants du virus émergent rapidement et nous devons adapter notre réaction encore plus rapidement", a déclaré Ursula von der Leyen mercredi.

Mieux détecter les variants

La capacité de l’UE a rattrapé son retard dépendra en partie de ses efforts d’anticipation. C’est pourquoi l’incubateur HERA prévoit en premier lieu une stratégie visant à détecter rapidement, analyser et surveiller la circulation de variants. Bruxelles souhaite notamment mettre au point des tests spécialisés pour ces nouveaux variants et soutenir le séquençage génomique via une enveloppe de 75 millions d’euros. Objectif: atteindre 5% de séquençage pour les tests positifs au Covid-19, contre environ 1% actuellement.

150 millions d’euros seront également alloués pour financer des projets de recherche sur les variants. Enfin, un réseau d’essais cliniques baptisé "Vaccelerate Covid-19" regroupant 16 Etats membres, dont la France, et cinq pays associés (Suisse, Israël, Norvège, Serbie, Turquie), contribuera au renforcement de l’échange de données entre pays lors des essais de traitements et de vaccins. Il doit par ailleurs inclure les enfants et jeunes adultes lors de ces mêmes essais afin d’examiner l’efficacité des vaccins sur ces populations.

Accélérer les procédures de validation des vaccins

Deuxième axe du nouveau plan européen de lutte contre le Covid-19 : l’accélération de la procédure d’approbation des vaccins. Pour y parvenir, Bruxelles veut adapter le cadre réglementaire afin "qu’un vaccin adapté puisse être approuvé sur la base d’un ensemble plus restreint de données complémentaires soumises en continue à l’Agence européenne des médicaments (EMA)".

Une nouvelle catégorie d’autorisations d’urgence des vaccins à l’échelle de l’UE, avec une responsabilité partagée entre les Etats membres, est aussi envisagée par la Commission pour renforcer sa réactivité en cas de crise sanitaire. Ajoutée à cela, une simplification du processus de certification par les autorités de régulation des nouveaux sites de fabrication de vaccins.

Accroître la production au sein de l'UE

Si l’UE a déjà sécurisé 2,9 milliards de doses de vaccin contre le Covid-19, l’incubateur HERA prévoit une mise à jour et/ou la conclusion de contrats d’achat anticipé "pour soutenir la mise au point ou l’adaptation de vaccins grâce au financement de l’UE". Ces mêmes contrats détailleront un plan "attestant la capacité de produire des vaccins dans l’UE suivant un calendrier fiable", souligne la Commission, qui ne s’empêchera pas pour autant d’envisager des commandes de vaccins fabriqués hors du territoire de l’UE.

Mais l’objectif premier reste bien d’accélérer la production de vaccins au sein des Etats membres via notamment une collaboration étroite avec les fabricants "pour les aider à surveiller les chaînes d’approvisionnement et à remédier aux goulets d’étranglement observés dans la production".

"Grâce à cette coopération renforcée, nous veillerons à ce que la phase industrielle de la production de vaccins permette aux fabricants de respecter leurs engagements, tout en anticipant nos besoins futurs et en adaptant la production de vaccins aux futurs variants. Aujourd'hui, avec l'incubateur HERA, nous apportons une réponse structurelle forte, qui ne se limite pas à des solutions à court terme: L'initiative contribuera à accroître le niveau d'autonomie de notre continent dans le domaine de la santé dans un avenir proche", a expliqué le Commissaire européen en charge du Marché intérieur, Thierry Breton.

Bruxelles promet également de soutenir la fabrication de vaccins supplémentaires adaptés aux nouveaux variants et de développer "un mécanisme d’homologation spécifique et facultatif permettant de faciliter le transfert de technologie". Enfin, la Commission souhaite s’appuyer sur le lancement du projet "Fab UE" pour accroître ses capacités de production en mettant en place un réseau de production d’urgence de vaccins et médicaments à l’échelle européenne. A long terme, ce projet deviendra "un atout de la future Autorité européenne de préparation et de réaction en cas d’urgence sanitaire (HERA)", assure l’UE.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco