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Colère d'Ankara après un drapeau turc déchiré au Parlement européen

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Lors d'un débat sur la situation des migrants dans les îles grecques au Parlement européen, le drapeau turc a été déchiré par l'eurodéputé grec Ioannis Lagos. Ankara dénonce un acte "raciste".

Mercredi soir, le Parlement européen a été le théâtre d'une provocation diplomatique du député grec Ioannis Lagos. Ce dernier a déchiré un drapeau turc devant l'ensemble de l'hémicycle.

"Vous ne faites que caresser dans le sens du poil la Turquie, qui nous inonde de flux ininterrompus de migrants. Et ce drapeau turc est un drapeau baigné de sang. La seule chose à faire, c'est de dire 'Dehors, les Turcs!'" scandait le député indépendant, tout en déchirant le drapeau au croissant blanc sur fond rouge.

Des tensions exacerbées entre l'UE et la Turquie

Cet incident intervient alors que des tensions virulentes perdurent entre la Turquie et certains pays européens, notamment la Grèce. Elles se sont renforcées ces derniers mois en raison des revendications d'Ankara au sujet de gisements d'hydrocarbures au large de Chypre.

Mais aussi et surtout après une crise migratoire sans précédent en 2015. Depuis, l'UE a conclu en 2016 avec la Turquie un accord migratoire controversé qui a permis de faire chuter le nombre de passages clandestins vers l'Europe.

Pourtant, le nombre d'arrivées sur les îles grecques a de nouveau augmenté ces derniers mois. La Grèce est redevenue en 2019 la première porte d'entrée des migrants et des réfugiés en Europe.

Ankara dénonce un acte "raciste" et demande des sanctions 

La réaction turque ne s'est pas faite attendre, rappelant le dévouement viscéral de ce peuple à son drapeau. 

"Les mentalités racistes savent comment nous brisons les doigts qui s'approchent de notre drapeau (...) Que les enfants gâtés de l'Europe apprennent à se tenir à leur place. L'Europe doit dire 'stop' à l'hostilité envers l'islam", a déclaré sur Twitter le Ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu. "Nous attendons du Parlement européen qu'il fasse le nécessaire au sujet de ce clown", a-t-il ajouté. 

Le rapporteur pour la Turquie au Parlement européen, Nacho Sanchez Amor, a néanmoins tenté d'apaiser les esprits sur Twitter, également.

"Rien ne justifie le fait de déchirer un drapeau (...), un acte regrettable. L'habituelle rhétorique islamophobe d'extrême droite n'est pas la bienvenue à Bruxelles", a-t-il déclaré.
L.A. avec AFP