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Airbus déçu que le gouvernement espagnol lui préfère Indra

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- - Eric Cabanis - AFP

Le groupe aéronautique a durement critiqué cette décision.

Le groupe aéronautique Airbus a durement critiqué la décision du gouvernement espagnol de lui avoir préféré l'électronicien de défense Indra comme coordinateur de l'industrie espagnole au sein du programme du futur avion de combat européen. L'Espagne a rejoint en juin dernier le programme franco-allemand de Système de Combat Aérien Futur (SCAF) qui doit intégrer à l'horizon 2040 un nouvel avion de combat, des satellites, des drones et d'autres appareils militaires. À la fin août, il a confié la coordination des industriels espagnols au sein du SCAF au groupe d'électronique de défense Indra aux dépens d'Airbus Espagne.

Dans une interview au journal économique en ligne El Confidencial, Guillaume Faury, nouveau directeur exécutif du groupe européen, rappelle qu'Airbus, qui assemble en Espagne la plupart de ses avions militaires, travaille sur le projet SCAF depuis ses débuts. Il trouve "difficile d'imaginer" qu'on introduise dans la phase de conception du SCAF un industriel comme Indra, qui contrairement à Airbus "n'a pas de compétences en avions, en drones, en satellites mais en équipements et en senseurs".

Peu d'espoir pour un revirement

"On ne demande pas à un fabricant de roues ou d'ordinateurs de concevoir une voiture. Ce qu'il faut c'est un constructeur automobile", dit-il. Guillaume Faury a entrepris cette semaine une tournée en Espagne pour tenter de faire revenir le gouvernement sur sa décision. Mais dans une interview croisée au Confidencial, réalisée mercredi au début de cette tournée, le secrétaire d'État espagnol à la Défense Angel Olivares laisse peu d'espoir d'un revirement, au moins à court terme.

"Ce n'est pas une décision conjoncturelle, qui puisse être changée du jour au lendemain, dit-il. Nous avons décidé que ce serait Indra, et nous continuons à insister pour qu'il travaille main dans la main avec Airbus et les autres industriels".

Griefs de l'État espagnol envers le groupe européen

Angel Olivares expose d'ailleurs les griefs de l'État espagnol envers le groupe européen, dont il détient 4% du capital, contre 12 % chacun pour la France et l'Allemagne. "Le poids relatif de l'Espagne au sein du groupe est en diminution", tant au conseil d'administration qu'au comité exécutif, estime-t-il.

Au conseil d'administration, l'Espagne a depuis 2015 une représentante choisie par la direction d'Airbus contre l'avis du gouvernement espagnol, Amparo Moraleda, venue d'IBM. Et "depuis la dernière restructuration, Airbus Espagne n'est plus membre du comité exécutif, pour la première fois", souligne le secrétaire d'Etat. Le groupe Airbus a réalisé en 2018 63,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, Indra systems 3 milliards d'euros.

D. L. avec AFP