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Une "route longue et difficile" attend encore la Grèce

Alexis Tsipras a "gagné une bataille mais pas la guerre"

Alexis Tsipras a "gagné une bataille mais pas la guerre" - Luisa Gouliamaki - AFP

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras doit présenter lundi un programme de réformes pour pouvoir bénéficier de quatre mois supplémentaires d'aide financière. Samedi, il n'a pas caché que le plus dur reste à faire pour son pays.

C'est un discours mi-figue mi-raisin qu'a tenu Alexis Tsipras, samedi 21 février. La veille, la Grèce et ses partenaires européens ont convenu d'un compromis inespéré, permettant de prolonger l'aide financière au pays méditerranéen. Un accord dont le Premier ministre grec s'est félicité.

"Hier, nous avons franchi une étape décisive en abandonnant l'austérité, les plans de renflouement et la troïka", a-t-il ainsi déclaré dans allocution diffusée sur la télévision grecque.

"Nous avons gagné une bataille, pas la guerre"

"L'accord d'hier avec l'Eurogroupe annule les engagements du gouvernement précédent en matière de coupes dans les salaires et les pensions de retraite, de licenciements dans le secteur public, de hausse de la TVA sur l'alimentation et les médicaments", a-t-il poursuivi.

Mais le chef de file de l'exécutif grec a dans le même temps fait preuve de réalisme. "Nous avons gagné une bataille, pas la guerre. Les difficultés, les véritables difficultés sont devant nous" et en ce sens "une route longue et difficile" attend la Grèce. Le premier rendez-vous important aura lieu lundi.

"Un flou créatif'

En contrepartie de l'accord noué vendredi avec l'Union européenne pour prolonger l'aide financière de quatre mois, Alexis Tsipras va, en effet, devoir s'adonner à un difficile numéro d'équilibriste. Le premier ministre grec va ainsi devoir détailler une série de réformes à mener.

L'enjeu: obtenir un feu vert définitif de la part de la zone euro, sans pour autant trahir ses promesses électorales. En ce sens, l'exécutif grec est bien décidé à exploiter au maximum les maigres marges de manœuvre que le compromis signé vendredi lui laisse.

"Les textes européens ont toujours un flou créatif", a glissé Giorgos Katrougalos, ministre de la Réforme administrative sur une radio grecque ce dimanche. La veille, le ministre des Finances Yanis Varoufakis a fait montre d'optimisme. Il a assuré être "absolument certain que la liste des réformes sera(it) approuvée" par les 18 autres ministres des Finances de la zone euro qui en jugeront mardi lors d'un eurogroupe par téléphone.

Plusieurs pays, dont l'Allemagne, devront ensuite faire adopter par leurs parlements, avant le 28 février, la prolongation du plan de financement de la Grèce. Puis d'ici juin, Athènes et ses créanciers devront discuter de ce qui attend la Grèce après la fin de ce plan d'aide, que le gouvernement Tsipras souhaite être le dernier.

J.M. avec agences