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Un cadre sur deux se mettrait "au vert" si son entreprise généralisait le télétravail

Selon une étude menée par Cadremploi, 85% des cadres interrogés expriment le désir de pratiquer plus régulièrement le télétravail.

Beaucoup de salariés ont plébiscité le télétravail et souhaitent continuer à le pratiquer même une fois que toutes les mesures de confinement seront levés. Revenir en arrière ne sera pas possible estime la philosophe Julia de Funès, invitée de BFM Business: "Quel serait l'argument d'un dirigeant ou d'une direction pour dire: 'vous avez télétravaillé cinq jours, ça ne s'est pas si mal passé, donc on va supprimer le télétravail'? C'est aberrant".

Un constat partagé par de nombreux cadres. Interrogés* par Cadremploi, ils sont 85% à vouloir pratiquer le télétravail plus régulièrement. Seulement 4% ne le souhaitent "pas du tout".

Un majorité pour 1 à 2 jours de télétravail par semaine

Un quart d'entre-eux se considèrent même comme "plus efficace" en télétravail qu'au bureau. Il ne s'agit pas non plus de le systématiser pour tous. 58% des cadres interrogés souhaitent un à deux jours de télétravail par semaine alors que seulement 15% souhaitent télétravailler à temps plein.

D'ailleurs, les entreprises américaines comme Facebook qui souhaitent rendre le télétravail permanent pour une partie de leurs salariés ne font pas que des heureux.

En tout cas, dans l’hypothèse où leur entreprise les autoriserait à travailler de chez eux plusieurs jours par semaine, les cadres se mettrait volontiers "au vert". Ils déménageraient en priorité à la campagne (45%) ou dans une petite ville (36%). De quoi rebattre les cartes du marché immobilier?

Les cadres pensent que leurs entreprises ne sont pas prêtes

Néanmoins, une majorité de ces salariés (61%) estime que leurs entreprises n'est pas prête à adopter la pratique du télétravail comme principal mode de travail une fois le retour à la normale réalisé. Seulement 7% estiment que leurs employeurs est "tout à fait" prêt.

Généraliser le télétravail sous l'impulsion de la volonté des salariés et d'entreprises "rassurées" par le maintien de la productivité est une chose. Mais ce mode de travail manque cruellement de cadre.

Si le gouvernement a publié un guide de bonnes pratiques pendant le confinement, il s'agit maintenant d'aller plus loin. Une première réunion a d'ailleurs eu lieu ce vendredi entre syndicat et patronat. Et autant dire que les négociations s'annoncent compliquées.

Le besoin d'un cadre

Les deux parties n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la nécessité de négocier ou d'établir un "diagnostic partagé" sur le télétravail, mais plusieurs réunions ont été fixées pour avancer, ont indiqué les négociateur.

"Les trois organisations patronales ne veulent pas aller vers un accord, considérant que ce serait une norme supplémentaire et que ce n'est pas l'attente des entreprises, qu'il faut trouver des voies de dialogue social plus modernes. Du côté des organisations syndicales, on est plus sur un accord" national interprofessionnel (ANI), a résumé Catherine Pinchaut (CFDT).

Pour les syndicats, tel qu'exercé actuellement et depuis mi-mars, ce télétravail n'en est pas un, mais plutôt "un travail à domicile dans des conditions très dégradées".

*: étude réalisée en ligne du 22 au 25 mai auprès d'un échantillon de 1008 répondants.

Olivier Chicheportiche