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UMP: Copé hérite d'un parti désargenté

Une scission au sein de l'UMP ferait perdre six millions d'euros de subventions au parti.

Une scission au sein de l'UMP ferait perdre six millions d'euros de subventions au parti. - -

Malgré la désignation de Jean-François Copé à la tête de l'UMP, lundi 26 novembre après-midi, les finances du parti sont au plus mal. Une scission serait le pire des scénarios pour la nouvelle direction.

A mesure que le navire UMP tangue, les matelots quittent le navire. Lundi 26 novembre, c’est Dominique Dord, le trésorier de l’UMP et filloniste déclaré, qui a claqué la porte du parti. Il faut dire que l’avenir ne s’annonçait pas sous les meilleurs auspices pour le député de Savoie.

Les finances sont en berne, après un quinquennat de défaites électorales. Les adhésions, elles, sont en baisse, et la crise politique que l’UMP traverse en ce moment ne devrait pas arranger les choses. Mais ce qui inquiète désormais le plus au sein du principal parti d’opposition, c’est l’ombre d’une scission qui se dessine depuis quelques jours.

Vendredi 30 novembre, les parlementaires devront se rattacher à tel ou tel parti politique. Ce qui, pour chacun d’entre eux, rapporte 42 000 euros par an à ce dernier. Le nombre de députés et de sénateurs UMP ayant déjà fondu après les échecs des sénatoriales et des législatives, les subventions publiques sont passées de 38 millions d’euros en 2007 à 25 millions en 2012. Si les parlementaires pro Fillon, au nombre de 150 environ, décidaient ne pas se rattacher à l’UMP, ce seraient six millions supplémentaires qui échapperaient à la nouvelle direction.

Copé dans une situation délicate

François Fillon, qui ne décolère pas après sa défaite, envisagerait d’ailleurs sérieusement de créer un groupe dissident à l’Assemblée. Pour cela, il lui faudrait "s’associer" avec un parti proche de l’UMP, qui lui reverserait ensuite les subventions, moyennant quelques légères contreparties. Le Nouveau Centre, en 2007, ne s’en était d’ailleurs pas privé, s’adossant à une formation de Polynésie. Mais le délai -quatre jours- semble court pour prendre une décision aussi lourde de conséquences.

Jean-François Copé, de son côté, se retrouve donc dans une situation très délicate. En outre, une scission entraînerait une possible fuite des adhérents –et de leurs cotisations- vers d’autres horizons (l’UDI, le FN, ou tout simplement un désintérêt pour la politique).

Le député-maire de Meaux a donc tout intérêt à jouer la carte de l’unité. Car l’UMP et ses finances en ruines n’auront bientôt plus rien à voir avec la grosse machine qui avait permis à Jacques Chirac d’emporter la victoire en 2002, puis Nicolas Sarkozy en 2007. Cela aussi, il doit y penser en se rasant…

Yann Duvert