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Tsipras prêt à blanchir les fraudeurs fiscaux

Alexis Tsipras avait déclaré la chasse aux fraudeurs

Alexis Tsipras avait déclaré la chasse aux fraudeurs - Alain Jocard - AFP

Athènes s'apprête à permettre aux fraudeurs fiscaux d'entrer en règle avec l'administration, s'ils s'acquittent d'une petite taxe allant de 15 à 30% sur leurs avoirs non déclarés.

La Grèce cherche de l'argent par tous les moyens. Le pays est actuellement en négociation avec ses créanciers pour tenter de trouver un accord lui permettant d'obtenir quelque 7 milliards d'euros nécessaires pour rembourser une échéance auprès du FMI le 5 juin prochain.

Et dans ce contexte, tout est bon à prendre, y compris l'argent des fraudeurs fiscaux. Quitte à se montrer clément avec eux.

En ce sens, le gouvernement d'Alexis Tsipras proposerait, selon AP et le Handelsblatt, de régulariser les avoirs non déclarés des fraudeurs si ces derniers sont d'accord pour payer une taxe qui s'élèverait à 15% si les fonds sont dissimulés à l'étranger et à 30% si l'argent est caché en Grèce.

Un moindre mal pour eux puisque, selon l'agence italienne Ansamed qui cite le quotidien grec Kathimerini, le taux de taxation "normal" est de 45%. Et, toujours selon Ansamed, les évadés fiscaux n'auraient même pas besoin de rapatrier leur argent.

De plus, les évadés fiscaux éviteraient toutes poursuites pénales, alors que les peines de prison encourus peuvent aller jusqu'à 20 ans de prison.

Le projet de loi portant cette mesure doit être adopté en juin prochain au Parlement grec. Les fraudeurs auront alors jusqu'au 31 juillet 2015 pour déclarer leurs avoirs.

"Une promesse électorale non tenue"

Le Handelsblatt considère cette mesure comme un virage à 180 degrés de la part d'Alexis Tsipras qui, lorsqu'il était dans l'opposition, promettait de traquer sans relâche les évadés fiscaux. Le quotidien économique allemand y voit ainsi "une promesse électorale non tenue".

En 2012, le presse grecque avait publié une liste d'environ 2.000 évadés grecs fiscaux en Suisse, appelée "liste Lagarde", du nom de l'ancienne ministre française des Finances Christine Lagarde. Cette dernière avait transmis cette liste en 2010 aux autorités grecques, après l'avoir découvert dans les fichiers transmis à la justice française par un ancien informaticien de la banque HSBC, Hervé Falciani.

Le gouvernement de l'époque, alors dirigé par le Premier ministre Georges Papaconstantinou est accusé d'avoir voulu étouffer l'affaire et d'avoir effacé des noms. Des parents de l'ancien chef de l'exécutif grec auraient figuré sur cette liste

L'exécutif grec travaille également sur une autre mesure: instaurer une petite taxe sur les retraits d'argent aux automates. Cette initiative aurait pour but de lutter contre l'évasion fiscale.

J.M.