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Sylvie Goulard: Les Italiens risquent de "se réveiller demain avec une sérieuse gueule de bois"

Sylvie Goulard a souligné que "la contestation en Italie a été sous-estimée"

Sylvie Goulard a souligné que "la contestation en Italie a été sous-estimée" - -

L’eurodéputée Modem a réagi sur BFM Business, ce lundi 25 février, aux premiers résultats des élections législatives italiennes. Pour elle, ce scrutin montre la force du populisme dans le pays.

Clairement, Sylvie Goulard, a vu dans les premiers résultats des élections législatives des signes inquiétants. L’eurodéputée Modem a écrit un livre avec Mario Monti, le président sortant du Conseil italien, intitulé De la démocratie en Europe. Ce dernier, considéré comme l’artisan de la rigueur et du sérieux budgétaire, ne récolterait que 10% des sondages, selon les dernières estimations.

Invitée du Grand Journal de BFM Business, elle a expliqué l’échec de Mario Monti par "la profondeur de la contestation" qui "a été sous-estimée à l’étranger où Mario Monti était apprécié pour ses actions. Mais les difficultés étaient vécues par les Italiens", a -t-elle rappelé.

Elle a ainsi déclaré ne pas être "surprise. C’est une tendance que l’on observait déjà depuis plusieurs semaines (…). On a l’impression que les élections au niveau national, se déroulent avec une démagogie forte".

Silvio Berlusconi: "une excellente campagne avec des termes infects"

Sylvie Goulard a fait référence aux succès plus forts que prévu de deux candidats : l’humoriste populiste et libertaire Beppe Grillo et le leader du centre droit, le célèbre Silvio Berlusconi . "Ils ont joué sur un registre assez irresponsable de négation des problèmes et de déni des réalités", a-t-elle commenté.

Sylvie Goulard s’est montrée plus particulièrement critique vis-à-vis de Silvio Berlusconi. "Il a fait un excellente campagne avec des termes infectes. Jusqu’au dernier moment il a violé toutes les règles. Il a fait l’apologie de la corruption, il a attaqué la justice… C’est la démagogie à l'outrance", a-t-elle lancé.

Elle a ainsi estimé que "les débats nationaux dans ces élections ont été déconnectés des réalités". "Ce qui m’a frappé durant cette campagne c’est l’amnésie sur les raisons qui ont amené Mario Monti au pouvoir : on était venu le chercher en novembre 2011 alors que les marchés étaient extrêmement nerveux".

"Un an après, la campagne s’est déroulée dans un climat où on avait l’impression que la gravité de la situation a été oubliée. Donc demain matin je crains que les Italiens se réveillent avec une sérieuse gueule de bois", a-t-elle poursuivi.

Julien Marion