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Standard and Poor's met davantage la pression sur l'Espagne

Madrid a encore vu ses taux d'empruns s'envoler mercredi

Madrid a encore vu ses taux d'empruns s'envoler mercredi - -

L’agence de notation américaine a abaissé la note du pays ibérique à BBB-, mercredi 10 octobre, à un cran au-dessus de la catégorie spéculative, qui marque la frontière des investissements risqués. Elle cite "l’aggravation de la récession" comme motif de cette dégradation.

Standard and Poor’s accentue la pression sur Madrid. L’agence de notation américaine a annoncé mercredi avoir abaissé de deux crans la note souveraine de l'Espagne, à "BBB-", la ramenant ainsi au dernier niveau avant la catégorie spéculative, ligne de démarcation entre des investissements sûrs et risqués.

Elle cite "l’aggravation de la récession qui limite les options du gouvernement" pour justifier cette dégradation à laquelle elle a attaché une perspective négative. S&P ajoute qu'elle pourrait encore abaisser la note de l’Espagne si le soutien politique aux réformes en cours s'émousse ou si les mesures d'aide mises en place au niveau de la zone euro n'empêchent pas une remontée des coûts de financement du pays.

Les taux espagnoles flambent à nouveau

Mercredi matin, les taux d’emprunts à 10 ans de l’Espagne étaient déjà repassés au-dessus de la barre des 6%, niveau jugé insoutenable par les économistes à moyen terme.

L’Espagne fait actuellement face à diverses pressions pour solliciter un sauvetage global de la part de l’union européenne pour l’aider à redresser son économie. Le pays est retombé en récession cette année, sa deuxième en trois ans, et le taux de chômage tourne autour de 25%, le plus élevé en Europe. Dans le même temps, le pays doit s’efforcer de réduire son déficit et vise une objectif de -4,5% pour 2013 (contre presque -9% en 2011). Ce qui l’a amené à adopter un budget encore marqué par le sceau de l’austérité, il y a deux semaines.

Le pays a déjà obtenu une la promesse d’une aide de ses voisins qui sera, pour le moment, limitée au secteur bancaire. Madrid doit en effet restructurer ses établissements minés par la crise de l’immobilier. L'Espagne a récemment chiffré les besoins de recapitalisation de ses banques à 59,3 milliards d’euros.

Julien Marion et Reuters