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Près de la moitié des livreurs autoentrepreneurs de Frichti seraient "sans papiers"

Selon Libération, sur les 500 livreurs indépendants travaillant pour Frichti, 219 seraient sans papiers

Selon Libération, sur les 500 livreurs indépendants travaillant pour Frichti, 219 seraient sans papiers - François Guillot - AFP

Selon le quotidien Libération, sur les 500 livreurs indépendants travaillant pour Frichti, 219 sont des étrangers sans titre de séjour valable. Un chiffre très supérieur aux estimations de Frichti qui affirmait après des contrôles que ce nombre est très réduit.

Sur les 500 livreurs autoentrepreneurs que revendique Frichti, 219 seraient des sans-papiers. Ce chiffre impressionnant a été dévoilé par Libération qui a obtenu la liste de ceux qui réclament leur régularisation.

Ce chiffre confirme les estimations de Jérôme Pimot, porte-parole du collectif de livreurs à vélo parisiens Clap, qui avançait il y a quelques jours que 200 à 250 livreurs Frichti sont sans papiers. 

Ce décompte met à mal les déclarations de la direction de Frichti qui affirmait la semaine dernière dans un communiqué que la "proportion des auto-entrepreneurs effectuant des activités de livraison" de manière illégal était "très réduite".

Un contrôle des papiers

L'entreprise s'appuie sur un "contrôle au début du mois de juin 2020 [ayant] fait apparaître que certains partenaires n'étaient plus en capacité de nous présenter une situation régulière".

La direction de Frichti explique avoir été contrainte "de cesser de collaborer" avec les livreurs qui n'étaient pas en règle, "le temps pour eux de régulariser leur situation". Elle s'est engagé à leur proposer "un accompagnement au cas par cas dans leurs démarches administratives".

Le 8 juin, selon l'AFP, 200 Maliens, Sénégalais ou Ivoiriens, dont beaucoup équipé des gilets fournis par l'entreprise Frichti, se sont rassemblés face à l'un des sites de production, dans le Ier arrondissement de Paris.

"Frichti nous a remerciés" en annonçant des contrôles d'identité à l'entrée de ses locaux, explique à l'AFP Moussa Fofana, 28 ans, livreur pour l'entreprise depuis deux ans. "Comme ils nous demandent des papiers, ils n'ont qu'à nous aider à nous régulariser", lance-t-il.

"C'est la première fois en France que les livreurs sans papiers s'organisent collectivement et à ce titre, c'est historique", a estimé Marilyne Poulain, responsable de la question de l'immigration à la CGT. Cette dernière signale toutefois que "la régularisation pour les auto-entrepreneurs n'est pas forcément prévue dans la loi".

Pascal Samama