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Les agents des finances publiques appelés à la grève ce jeudi

Les agents des finances publiques avaient déjà manifesté le 16 septembre pour exprimer leur "ras-le-bol".

Les agents des finances publiques avaient déjà manifesté le 16 septembre pour exprimer leur "ras-le-bol". - Boris Horvat - AFP

A l'appel de l'intersyndicale Solidaires-CGT-FO-CFDT-CFTC, une manifestation nationale, rassemblant des agents venus de toutes les régions, est prévue dans l'après-midi à Paris. Ils entendent marquer leur opposition à un projet de réorganisation de la Direction générale des finances publiques.

Les agents des finances publiques sont appelés à la grève jeudi et nombre d'entre eux sont attendus dans la capitale dès la mi-journée pour battre le pavé contre le projet gouvernemental de réorganisation de leurs services, dont ils réclament le retrait. Une manifestation nationale, rassemblant des agents venus de toutes les régions, est prévue dans l'après-midi entre la place de la Nation et Bercy, à l'appel de l'intersyndicale Solidaires-CGT-FO-CFDT-CFTC qui qualifie le projet de "destruction programmée" de la présence territoriale, des missions et des conditions de travail.

Outre une baisse des effectifs, ce projet de restructuration de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin prévoit la mise en place d'un nouveau réseau de proximité qui entend multiplier les "points de contact" dans les territoires ruraux et périurbains.

Mais ce nouveau réseau, qui vise à "s'adapter aux besoins des usagers", selon Bercy, est amené à remplacer les perceptions ou trésoreries et ne sera "qu'un réseau périodique" s'appuyant sur des agents polyvalents et mobiles, dénoncent les syndicats, qui parlent d'"escroquerie".

Une première mobilisation qui était restée lettre morte

Les agents des finances publiques avaient déjà manifesté le 16 septembre pour exprimer leur "ras-le-bol", avec des taux de grévistes "inégalés depuis 2000" selon Solidaires: de 40% en moyenne à 80% ponctuellement pour le premier syndicat de cette administration, autour de 36% d'après la DGFiP.Cette mobilisation est néanmoins restée "lettre morte", déplore l'intersyndicale.

Les syndicats exigent "l'abandon du projet et l'ouverture de discussions sur l'avenir de la DGFiP pour ce qui est des missions, des structures, des emplois et des conditions de travail", indique Anne Guyot-Welke (Solidaires).

Le ministère des Comptes publics a prévu la suppression de 5.800 postes entre 2020 et 2022 à Bercy, dont 4.800 sur le périmètre de la DGFip, qui emploie 110.000 agents et a déjà perdu 40.000 emplois depuis 2002.

Il entend aussi supprimer 1.600 trésoreries sur 2.000 aujourd'hui, chargées de la gestion et du contrôle des collectivités territoriales, et auxquelles s'ajoutent 2.000 centres des finances publiques, chargés de l'impôt des particuliers et des entreprises notamment, selon Mme Guyot-Welke.

C.C. avec AFP