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Dix statistiques que vous ignorez peut-être sur les enseignant(e)s

902.000 enseignants exerçaient en 2017-2018 au ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse ; 84% relèvent du secteur public et 16% du secteur privé sous contrat.

902.000 enseignants exerçaient en 2017-2018 au ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse ; 84% relèvent du secteur public et 16% du secteur privé sous contrat. - Thierry Zoccolan-AFP

Il y avait 902.000 enseignants en activité en 2017-2018, 84% relevant du public et 16% du secteur privé sous contrat. Salaires nets, différences entre privé et public, nombre de jours d'arrêt maladie, âge moyen ou taux de démission: voici quelques statistiques saillantes, inédites ou méconnues, tirées du dernier bilan social du ministère.

Ils sont près d'un million (902.000) en activité, soit la population de fonctionnaires d'État la plus importante en nombre: le dernier bilan social (2017-2018) publié par le ministère de l'Éducation nationale fourmille de statistiques détaillées sur les enseignants du public comme du privé: effectif, salaires, heures supplémentaires, arrêts maladie, taux de démission, âge de départ en retraite, etc... Voici une sélection des plus saillantes ou des moins connues, dressant un panorama actualisé des profs en activité et en retraite.

  • 2390 euros. En 2016, dans le secteur public, en France métropolitaine (hors DOM et Mayotte), les enseignants ont en moyenne perçu un salaire net de 2390 euros par mois (2910 euros en brut). Les primes constituaient 10,4% du salaire brut et le tiers d’entre elles concernaient les rémunérations pour heures supplémentaires que 66,9% des enseignants du second degré public et 64,8% de ceux du second degré du privé effectuent. Les enseignants titulaires du premier degré avaient en moyenne perçu un salaire net mensuel de 2170 euros contre 2680 euros pour ceux du second degré, soit une différence très importante de 500 euros (correspondant à un écart brut mensuel de 600 euros). La moitié (48%) de l’écart de salaire brut est due aux primes. "L’écart restant (soit 52%) concerne le traitement indiciaire brut (TIB), du fait notamment de la présence dans le second degré des corps d’agrégés et de professeurs de chaire supérieurs, mieux rémunérés" souligne le bilan social.
  • 2600 euros. C'était la pension moyenne perçue par les nouveaux retraités de l'enseignement anciennement titulaires partis en 2017. Ce nombre recouvre des disparités, puisque la pension moyenne était de 2500 euros pour les enseignants titulaires du premier degré public et grimpait à 2850 euros pour les enseignants titulaires du second degré public. On le sait peu mais ces nouveaux retraités partent souvent avec une décote: 19% sont dans cette situation pour les enseignants du second degré, et plus d’un tiers dans le premier degré. Ce taux important de départ avec décote dans le premier degré s’explique principalement par la possibilité de partir plus tôt pour les anciens instituteurs (57 ans en 2017), à un âge où ils n’ont pas pu cotiser les 166 trimestres nécessaires pour partir au taux plein.
  • 350 euros. C'est la différence des salaires nets moyens entre enseignants du secteur privé et public. En 2016, en France métropolitaine, les enseignants du privé percevaient une rémunération mensuelle nette inférieure de 15 % à celle de leurs collègues du secteur public, soit environ 350 euros de moins par mois. Dans le premier degré comme dans le second degré, les écarts de salaires sont essentiellement dus à des écarts de traitement indiciaires bruts (TIB) en faveur du public. Une des sources majeures de ces écarts est à rechercher dans la surreprésentation des enseignants à temps partiel (et incomplet) dans le secteur privé, selon le bilan social. En moyenne, 23% des enseignants du privé le sont contre 14% des enseignants du public.
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- © Bilan social du ministère de l'Éducation nationale et de la jeunesse (2017-2018)
  • 573.430. C'est le nombre total d'enseignants retraités au 31 décembre 2017. Ceux du premier degré (284.175) sont légèrement moins nombreux que ceux du second degré (289.255). En 2017, si la pension brute moyenne des retraités de l’Éducation nationale (enseignants et non-enseignants) s’élevait à un peu plus de 2230 euros par mois, les enseignants touchaient en moyenne 2380 euros, soit 150 euros de plus que la moyenne.
  • 43 ans. La moyenne d’âge est un peu moins élevée parmi les enseignants du public en activité puisqu'elle est de 43 ans contre 45 ans dans le privé. Les enseignants du premier degré sont plus jeunes que ceux du second degré. Les moins de 35 ans représentent 22% des effectifs du public et 19% de ceux du privé. La part des 50 ans (et plus) est moins forte dans le public que dans le privé (28% contre 34%).
  • 70,7%. C'est le pourcentage de femmes dans la population enseignante. Il est encore plus élevé dans le privé (75%) que dans le public (70%), quel que soit le degré d’enseignement. La part des femmes est particulièrement forte dans le premier degré, surtout le premier degré privé (91% contre 83% dans le public). Dans le second degré, les femmes représentent 66% des effectifs des corps du privé et 58% de ceux du public.
  • 143.500. C'est le nombre d'enseignants exerçant leur activité dans l’enseignement privé sous contrat. Ils sont 33% dans le premier degré (47.000), surtout dans le corps de professeurs des écoles (28% de l’ensemble des enseignants du privé). Le corps des maîtres délégués du premier degré, enseignants rémunérés sur une échelle de non-titulaires, représente 5% des effectifs de l’enseignement privé. Le second degré regroupe 67% des enseignants du privé (96.500).
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- © Bilan social du ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse (2017-2018)
  • 61,1 ans. En 2017, 20.399 enseignants fonctionnaires titulaires du secteur public et du privé ont pris leur retraite. Ils étaient en moyenne âgés de 61,1 ans. Les enseignants du premier degré sont partis plus tôt en retraite (59,5 ans dans le public, 59,7 ans dans le privé). Cet âge moyen plus bas des enseignants du premier degré public s'explique. Pour la plupart, ils ont été instituteurs pendant au moins quinze ans et ont bénéficié à ce titre d’un âge d’ouverture des droits inférieur de cinq ans à celui des autres. Les enseignants du second degré public, quant à eux, étaient en moyenne âgés de 62,4 ans lors de leur départ. Les enseignants du privé partent en retraite légèrement plus tard que leurs homologues du public; l’écart étant de 0,2 an (73 jours), dans le premier comme dans le second degré. Les nouvelles retraitées sont un peu plus jeunes dans l’ensemble des corps (hors instituteurs). Au global en 2017, elles partent en moyenne sept mois avant les hommes ce qui s'explique par le dispositif de départ anticipé pour parents de trois enfants.
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- © Bilan social du Ministère de l'Éducation nationale et de la jeunesse (2017-2018)
  • 7,6 jours. Ce sont 7,6 jours de congé maladie ordinaire par enseignant du secteur public, en moyenne, qui ont été enregistrés. Durant l’année scolaire 2016-2017, 52% des personnels des corps enseignants du secteur public ont eu au moins un congé pour raison de santé, d’une durée cumulée moyenne de 17,7 jours par agent pour l’ensemble du personnel: 7,6 jours pour maladie ordinaire, 5,7 jours pour congés longs, 3,8 jours pour maternité et moins d’un jour pour les autres motifs. Les congés des enseignantes durent plus longtemps avec en moyenne 20,4 jours de congé rapportés à l’ensemble des agents, soit 8,7 jours de plus que les hommes, ce qui est causé par les congés de maternité. "Les femmes enseignantes qui n’ont pas de congé de maternité dans l’année n’ont en moyenne que 1,8 jour de congé de maladie ordinaire de plus que l’ensemble des hommes" relève le bilan social.
  • 0,3%. En 2017-2018, le volume global des démissions représentait 0,3 % des effectifs enseignants totaux du premier degré (356.000 enseignants) et 0,1 % de ceux du second degré (402.500 enseignants). Ainsi, dans le premier degré, 861 démissions d’enseignants été recensées en 2017-2018, contre 694 en 2016-2017. Dans le second degré, l’on comptait 538 démissions en 2017-2018 contre 527 en 2016-2017. Dans son bilan social, le ministère relativise l’ampleur du phénomène. "On observe, hors IDV (indemnité de départ volontaire, ndlr), une proportion de démissions qui, en dépit de son évolution, reste peu significative au regard des effectifs enseignants", y est-il indiqué.
Frédéric Bergé